Christine Lagarde appelle l’Europe à adopter le plan de relance «sans délai»
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) a appelé, jeudi, lors d’une intervention devant la commission des Affaires économiques (Econ) du Parlement européen (PE), l’Union européenne (UE) à mettre en oeuvre «sans délai» le plan de relance décidé par les 27 pour contrer les répercussions économiques de la pandémie de coronavirus. Christine Lagarde a ajouté que «la politique budgétaire avait un rôle primordial à jouer pour soutenir la demande à court et moyen terme, renforcer la confiance et accroître le potentiel de croissance de nos économies». La Hongrie et la Pologne refusent d’approuver le fonds de relance et le budget de l’UE pour les années 2021-2027 tant que l’accès aux fonds dépendrait du respect de l’Etat de droit.
Pendant son discours, la présidente a par ailleurs répété que la BCE recalibrerait ses instruments de politique monétaire dans les prochaines semaines, après avoir réévalué les perspectives économiques et l'équilibre des risques dans le contexte de la deuxième vague de la pandémie de coronavirus, qui a amené de nombreux pays d’Europe à adopter de nouvelles mesures de confinement.
«Le programme d’achats d’urgence pandémique (PEPP) et les opérations de refinancement ciblé à long terme (TLTRO) ont prouvé leur efficacité dans le contexte actuel et peuvent être adaptés de manière dynamique pour réagir à l'évolution de la pandémie. Ils resteront donc probablement les principaux outils d’ajustement de notre politique monétaire», a affirmé Christine Lagarde, répétant ses propos tenus la semaine dernière lors du Forum annuel de la BCE.
Face aux questions des parlementaires, la présidente de l’institution a de nouveau fait passer le message que le PEPP sera probablement renforcé, alors que l'économiste en chef, Philip Lane, a tenté depuis quelques temps de persuader les investisseurs de ne pas trop se concentrer sur la taille du programme mais sur son efficacité – la plupart des observateurs tablant sur 500 milliards d’euros supplémentaires.
Elle a également réagi à l’idée évoquée récemment par le président italien du Parlement européen, Davide Sassoli, d’annuler la dette contractée par les pays et rachetée par la BCE : «Tout ce qui va dans ce sens est contraire aux traités, notamment à l’article 103 qui interdit ce type d’approche et je respecte les traités», a-t-elle répondu à l’eurodéputé italien Marco Zanni (Ligue). Et sur les risques de pertes sur les titres rachetés, elle a rappelé que «par définition, la BCE ne peut pas faire faillite même si elle subit des pertes», car elle peut techniquement réimprimer de l’argent si nécessaire.
De nombreuses questions ont porté sur l’apport de la banque centrale au «verdissement» de l’économie : «Il y a un sentiment d’urgence et une détermination à se concentrer sur ce sujet. Cela nous a déjà conduit à mettre en place un hub spécial qui réunira des représentants de différents secteurs d’activité de la banque pour se concentrer sur le changement climatique (…), avec maintenant une approche structurée», a-t-elle précisé. Le gouverneur allemand Jens Weidmann, fervent défenseur d’une approche neutre de la BCE dans ses programmes d’achats, a quand même reconnu dans un article du Financial Times que l’intégration des risques financiers liés au climat devait être prise en compte dans la politique monétaire.
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Israël poursuit ses frappes au Liban, qui ont fait au moins 380 morts depuis la trêve
Beyrouth - L’armée israélienne a poursuivi mardi ses frappes au Liban, tuant dans le sud 13 personnes, qui viennent s’ajouter aux 380 morts depuis l’instauration du cessez-le-feu le 17 avril, selon les autorités. Alors que le Liban se prépare à de nouvelles négociations avec Israël jeudi à Washington, le chef du Hezbollah pro-iranien, qui s’y oppose fermement, a affirmé que le désarmement de sa formation ne faisait pas partie des discussions et a promis de transformer «en enfer» la bataille avec l’armée israélienne. Celle-ci a indiqué avoir conduit une opération dans la zone du fleuve Litani et a mené mardi une frappe ayant tué deux secouristes à Nabatiyé (sud), où ils effectuaient une intervention, a annoncé la Défense civile. Le ministère de la Santé a confirmé la mort des deux secouristes qu’il a inclus dans un bilan de 13 morts, dont un soldat et un enfant, dans des frappes israéliennes ayant visé trois localités dans le sud du pays. «Une frappe sur la ville de Nabatiyé a fait cinq (morts) dont deux secouristes de la Défense civile et deux blessés», une autre dans la localité de Jebchit a fait quatre morts «dont un soldat et un ressortissant syrien», et douze blessés, et une troisième à Bint Jbeil a tué «quatre citoyens dont un enfant et une femme», et blessé deux autres, a indiqué le ministère. «Depuis le cessez-le-feu, 380 personnes ont été tuées et 1.122 blessées», a annoncé plus tôt le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, faisant état de 108 personnels de santé et secouristes tués depuis le début de la guerre. Plus de quatre enfants ont été tués ou blessés chaque jour en moyenne durant les 25 premiers jours de la trêve, a indiqué l’ONG Save The Children. Au total, les frappes israéliennes ont tué 2.882 personnes depuis le début de la guerre, dont 200 enfants, selon le ministère de la Santé. D’après le Hezbollah, ce bilan inclut ses membres tués. Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans la guerre régionale en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre Téhéran, le 28 février. Israël a répondu en menant des frappes massives et une opération terrestre dans le sud. «Nous ne nous rendrons pas» Beyrouth a demandé aux Etats-Unis de faire pression sur leur allié israélien pour qu’il mette fin à ses frappes. Le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des positions militaires israéliennes, y compris en Israël, aux frontières avec le Liban. «Nous ne nous rendrons pas», a affirmé le chef de l’organisation, Naïm Qassem. «Les armes et la résistance ne concernent personne hors du Liban (...) C’est une question libanaise intérieure qui ne fait pas partie des négociations avec l’ennemi», a-t-il ajouté. Dans un communiqué annonçant la reprise des négociations jeudi, le département d’Etat américain avait affirmé que la paix entre le Liban et Israël «dépendait du rétablissement complet de l’autorité de l’Etat libanais (sur son territoire) et du désarmement total du Hezbollah». Washington fait pression pour que les discussions aboutissent à un accord de paix, alors que Beyrouth veut d’abord consolider le cessez-le-feu et obtenir le retrait d’Israël du Liban. Après l’entrée en vigueur de la trêve, l’armée israélienne a établi en territoire libanais une «ligne jaune» à une dizaine de km de la frontière. Elle a indiqué mardi qu’au cours de la semaine écoulée, ses soldats avaient mené une «opération spéciale visant à retirer des infrastructures terroristes dans la zone du Litani». Interrogée par le bureau de l’AFP à Jérusalem, l’armée israélienne a indiqué ne pas pouvoir confirmer si les soldats avaient franchi le fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière, mais a publié des photos montrant des soldats marchant sur un pont le traversant. © Agence France-Presse