Chequers Capital lève son nouveau fonds en trois mois seulement
Il est encore possible de mener des levées de fonds éclair dans l’univers du LBO en France. Chequers Capital, ex-filiale de Charterhouse, vient de boucler son fonds XVI en trois mois. Le nouveau véhicule, qui investira comme le précédent dans des opérations de rachats à effet de levier pour des entreprises françaises dont la valeur n’excède pas 300 millions, a réuni 850 millions d’euros. Il visait au départ la barre des 800 millions d’euros, et a reçu 2,3 milliards d’euros de demande. MVision Private Equity Advisers a servi d’agent de placement, et le cabinet d’avocats SJ Berwin conseillé la création.
Chequers Capital avait mis six mois à lever son précédent fonds en 2008. Ce véhicule de 600 millions d’euros est aujourd’hui investi à plus de 80%.
«Les investisseurs sont beaucoup plus prudents, mais paradoxalement, se montrent très demandeurs de fonds qui ont bien résisté pendant la crise», indique Denis Metzger, président de Chequers Capital, pour expliquer l’accélération du processus. Depuis 1993, la société revendique un taux de rendement interne (TRI) brut annuel de 40% environ. Elle s’est aussi montrée prudente en termes d’investissements, avec une seule prise de participation en 2007 contre quatre l’année précédente. Depuis 2010, Chequers a réalisé six investissements, dont tout récemment Serma Technologies, un spécialiste du contrôle de qualité de composants électroniques, et Thermocoax, un fabricant de capteurs de température.
La levée du fonds XVI a aussi confirmé l’internationalisation de la base d’investisseurs, en partie par défaut. «Les ressources que l’on peut trouver en France ont chuté de façon considérable, regrette Denis Metzger. Les fonds de fonds sont un segment profondément touché, les banques et les assureurs sont aussi en retrait». La part des Français dans les investisseurs a ainsi été divisée par deux, à 10%, par rapport au précédent véhicule. L’Amérique du Nord a pris le relais, passant de 30% à 50%, ainsi que l’Asie (de 15% à 25%), où, à la différence de la France, les fonds de pension et fonds souverains abondent.
Eddie Misrahi, le nouveau patron d’Apax Partners, a lui aussi constaté récemment ce basculement vers d’autres régions (Moyen-Orient, Australie) et le retrait des investisseurs français en levant son nouveau fonds. Mais ce dernier n’a récolté que 700 millions d’euros contre 900 millions pour le précédent.
Plus d'articles du même thème
-
Vanguard confie à T. Rowe Price la gestion de trois fonds actions
Deux équipes d'investissement distinctes de T. Rowe Price sont concernées. -
Future Group noue un partenariat d'investissement en infrastructures mondiales
Le fonds de superannuation australien a sélectionné un gérant pour investir dans une de ses stratégies de partenariats public-privé avec un biais responsable. -
Bridgepoint poursuit sa diversification avec le rachat de Kayne Anderson Real Estate
L’opération valorise le gérant immobilier américain autour de 1,4 milliard de dollars. Elle portera les actifs de la société d’investissement à 117 milliards de dollars.
ETF à la Une
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
Sébastien Lecornu tire un premier bilan de la canicule historique
Le premier ministre a dressé lundi un premier bilan contrasté de la canicule historique, saluant la résilience des services publics mais pointant la fragilité des plus isolés et des hôpitaux face à un risque climatique désormais permanent -
Mirage
Présidentielle : des Français sans illusions
Près de deux Français sur trois ne croient pas que les scrutins présidentiels, puis législatifs permettront au pays de retrouver des repères politiques stables. Selon eux, le travail et l'entreprise ont un rôle à jouer pour « faire société » -
Sondage exclusifValeurs, repères républicains, principes... : « Le sentiment d’une fuite en avant traverse la société française »
A l'occasion des Rencontres économiques d'Aix, les 2, 3 et 4 juillet, dont le thème général est « naviguer dans un monde sans repères », un sondage Odoxa pour Comfluence sur les repères dans la société française révèle que 62 % des Français ne croient pas que 2027 permettra de rétablir des repères politiques stables