Charterhouse met en vente Fives
C’est l’une des plus anciennes sociétés industrielles françaises qui s’apprête à changer de main. Et pour une fois c’est son management français qui devrait en prendre le contrôle à son actionnaire anglo-saxon.
Plusieurs sources concordantes proches des négociations ont confirmé à L’Agefi que Charterhouse avait mandaté la banque Rothschild pour organiser la cession du groupe Fives (ex-Fives Lille). Suite à un LBO mené 2006, le capital-investisseur britannique contrôle 54% de la société d’ingénierie du BTP, dont les origines remontent à 1812. Equistone Partners (ex-Barclays Private Equity), qui avait participé au deuxième LBO en qualité d’actionnaire majoritaire en 2004, détient une participation résiduelle de 6%.
Depuis 2004, les dirigeants de Fives, en particulier son président Frédéric Sanchez, n’ont eu de cesse de se renforcer au capital de leur société. Ils en détiennent aujourd’hui 40%. Or les mêmes sources ont confirmé à L’Agefi que l’objectif du processus de vente actuel était de permettre au management d’acquérir cette fois la majorité du capital du groupe.
Il reste à savoir dans quelle mesure des fonds de LBO candidats – qui en général apprécient d’exercer le contrôle sur leurs participations – accepteraient une situation d’actionnaire minoritaire. Ce d’autant plus que l’entreprise privilégie le refinancement de la dette LBO (470 millions d’euros en 2006) par un prêt de type corporate, beaucoup moins onéreux. Une situation rendue possible notamment par le fait que Fives est désormais bien connue des banques. Le montage du LBO de 2006 avait été structuré par RBS, la Société Générale, BNP Paribas, Calyon (aujourd’hui CA CIB) et le Crédit Agricole d’Ile-de-France. Le crédit corporate serait complété par une petite tranche de dette mezzanine. L’hypothèse d’un MBO dit sponsorless (acquisition à effet de levier par les dirigeants sans recours aux capitaux d’un fonds d’investissement) semble donc privilégiée.
Cela dit, l’opération ne s’annonce pas aisée. En effet, «à partir du moment où les dirigeants privilégient un financement corporate, moins leveragé qu’un LBO, il leur sera plus difficile de prendre la majorité du capital de la société», estime un banquier spécialiste des LBO. Valorisée environ 900 millions d’euros en 2006, Fives vaudrait aujourd’hui un montant similaire. Ni Charterhouse, ni Equistone n’ont répondu à nos sollicitations.
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