CDC Infrastructure songe à accueillir d’autres investisseurs dans ses opérations
CDC Infrastructure, filiale de la Caisse des dépôts créée en mars 2010 pour réunir les activités d’investissement en fonds propres dans les infrastructures, n’a pas chômé. Elle a réalisé trois opérations au cours des trois derniers mois: une prise de participation de 25% dans GRTgaz, le réseau de gazoducs français détenu par GDF Suez, aux côtés de l’assureur CNP et du fonds d’épargne (qui gère l'épargne réglementée); l’acquisition de 9% du capital de Gassled, le géant norvégien du transport de gaz, avec UBS International Infrastructure Fund ; et, dernièrement, la participation au consortium de réalisation de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux.
A ce rythme, CDC Infrastructure devrait atteindre son objectif d’investissement plus rapidement que prévu: ce dernier était de 900 millions d’euros, en plus des 600 millions d’euros d’actifs déjà détenus en portefeuille – soit un montant d’actifs sous gestion de 1,5 milliard en 2014. «Notre portefeuille atteindra un milliard d’euros en juillet à la clôture de l’opération sur GRTgaz», indique Jean Bensaïd, directeur général de la structure.
Du coup, son conseil d’administration et son actionnaire n’excluent pas de faire participer à ses opérations des investisseurs tiers, en amont des éventuels consortiums que la structure peut former dans le cadre de partenariats public-privé (PPP) par exemple. «Nous sommes déjà un peu familiers de ce type de coopérations. Notre investissement dans GRTgaz avec CNP et les fonds d’épargne en est l’illustration», rappelle Jean Bensaïd.
Ces collaborations pourraient se mettre en place à travers la création de holdings spécifiques à chaque opération. Mais rien n’est encore arrêté en l’état actuel des réflexions. Cette stratégie de co-investissements ne serait pas nécessairement systématique.
Dans les objectifs initiaux de CDC Infrastructure, le portefeuille devait compter environ 80% d’actifs français. La proportion est aujourd’hui plus proche des 95% (la prise de participation dans Gassled est à ce jour son seul actif international), la crise ayant incité l’investisseur à la prudence. De même, les projets dits «brownfield» (déjà en exploitation) représentent pour l’instant 80% des montants investis, pour un objectif initial de 70%. Les nouveaux projets («greenfield») procurent des rendements supérieurs, mais à plus long terme, et présentent un risque d’exécution.
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