Bruxelles épingle Altice pour le rachat de Portugal Telecom
La Commission européenne reproche à Altice d’avoir enfreint les règles européennes en procédant à la prise de contrôle de l’opérateur Portugal Telecom avant d’avoir obtenu le feu vert à son rachat. Si le régulateur européen de la concurrence confirme cette accusation, pour l’instant préliminaire, il pourrait infliger au groupe de Patrick Drahi une amende pouvant aller jusqu'à 10% de son chiffre d’affaires annuel mondial. En 2016, l’opérateur de médias et de télécoms a dégagé des revenus de 23,5 milliards d’euros.
« Dans la communication des griefs de ce jour, la Commission estime à titre préliminaire qu’Altice a effectivement procédé à l’acquisition avant l’adoption d’une décision d’autorisation par la Commission et, en partie, avant la notification de l’opération en question », déclare la commission européenne dans un communiqué. Altice, qui avait conclu en décembre 2014 un accord avec le brésilien OI pour racheter Portugal Telecom, a notifié son projet à l’exécutif européen en février 2015. La Commission a donné son feu vert sous conditions à l’opération en avril 2015.
Altice conteste ces accusations et a fait savoir dans un communiqué qu’il prévoyait d’adresser une réponse détaillée au régulateur. L’enquête ne remet pas en question le feu vert donné à cette acquisition, ont souligné Altice et la Commission européenne.
Ce n’est pas la première fois qu’Altice se voit reprocher d’avoir anticiper l’intégration d’une acquisition. En France, où Altice a racheté l’opérateur SFR via sa filiale Numericable, le groupe a été sanctionné pour des faits similaires par l’autorité de la concurrence en novembre à hauteur de 80 millions d’euros.
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