BNY Mellon veut grandir dans la gestion du collatéral
BNY Mellon élargit sa palette sur le marché européen. Le géant américain de la conservation d’actifs a décroché en octobre le feu vert de l’autorité des marchés britannique, la FSA, pour établir à Londres un courtier. BNY Mellon Capital Markets Emea proposera ses services en Europe et traitera une large gamme d’actions et d’obligations. La structure emploie déjà 12 personnes selon Financial News, qui a révélé l’information.
Le groupe américain ne s’est pas subitement improvisé courtier actions pour défier Credit Suisse ou Goldman Sachs sur leur terrain de chasse. BNY Mellon vise en fait le marché de la gestion du collatéral. Les réformes réglementaires, notamment Emir en Europe, poussent un nombre croissant de produits dérivés de gré à gré vers des chambres de compensation. La clé de voûte du système repose sur le collatéral de qualité que les contreparties apportent pour sécuriser les transactions. Même sur la partie non centralisée des dérivés OTC, l’utilisation d’actifs apportés en garantie tend à augmenter.
«Nous estimons l’augmentation de collatéral nécessaire à 1.700 milliards de dollars pour les transactions compensées de manière centralisée ou bilatérale», indiquent les analystes de Morgan Stanley dans une étude publiée le 14 novembre. La gestion de ces titres, replacés avec une marge, représente un potentiel de revenus de 1 à 2 milliards de dollars, selon les calculs de la banque d’affaires.
A fin septembre, BNY Mellon affichait déjà un montant de collatéral sous gestion de 2.000 milliards de dollars. Si la banque capte 10% du surcroît d’activité lié aux nouvelles réglementations, «cela ajouterait 70 à 140 points de base à la croissance de ses revenus», souligne Morgan Stanley.
«Les acteurs de la conservation de titres, les banques d’investissement et d’autres plates-formes d’exécution vont probablement tous se battre pour cette source de revenus», estime Morgan Stanley.
La concurrence est d’autant plus vive que les politiques de taux zéro des grandes banques centrales pèsent sur les marges des grands custodians tels que BNY Mellon. Le groupe a ainsi engagé un plan de réduction de coûts de 750 millions de dollars sur 3 ans. «Nous ne pouvons pas attendre que les taux d’intérêt remontent pour dégager la rentabilité que nos actionnaires exigent», expliquait Gerald Hassell, directeur général du groupe, fin septembre.
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