BNP Paribas limite la casse dans la banque d’investissement
Si BNP Paribas a dépassé les attentes des analystes au premier trimestre, c’est en partie parce que sa banque de financement et d’investissement (BFI) n’a pas amputé de manière trop flagrante les performances des autres métiers. Son produit net bancaire (PNB) baisse de 8,6% par rapport au premier trimestre 2010 (à 3,5 milliards d’euros), tandis que son résultat avant impôt recule de 4,6%, à 1,63 milliard. «La BFI a bien résisté, d’autant que le premier trimestre de l’an dernier avait été exceptionnel», a justifié le directeur général Baudouin Prot.
La banque française se distingue par rapport à beaucoup de ses rivales sur ce point. Le début de l’année 2011 a en effet été d’une teneur ambiguë pour les grandes banques d’investissement (BFI) internationales: leurs comptes, en forte croissance par rapport au trimestre précédent, ont souffert de la comparaison avec les résultats exceptionnels enregistrés un an plus tôt.
Le pôle actions et conseil a été le plus affecté par cet effet de base: ses revenus chutent de 18% (à 692 millions) sur un an. Les revenus du trading sur les marchés de taux reculent de 13%, mais ils progressent de 53% face à un dernier trimestre 2010 particulièrement faible pour l’ensemble du secteur.
Baudouin Prot s’est notamment réjoui de la progression de BNP Paribas en part de marché pour les émissions crédit et taux. Le dirigeant revendique toujours la première place dans les émissions en euros (avec 9% de pénétration) et un bond de la neuvième à la quatrième place dans les émissions de tout type. Autre motif de réjouissance, les revenus progressent de 7% dans métiers de financement, à 1,14 milliard d’euros.
L’établissement français s’estime donc bien armé pour affronter la conjoncture et les exigences réglementaires à venir. Il estime à 6,7 milliards d’euros son exposition à la dette souveraine de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal. Une décote de cette dette à la valeur de marché du 31 mars lui coûterait un euro environ sur l’actif net par l’action (sur 57,7 euros).
Baudouin Prot a aussi répété que BNP Paribas pourrait faire face aux nouvelles exigences de fonds propres des régulateurs. «Nous continuons à mettre en réserve les deux tiers de notre résultat. Nous n’avons pas besoin de recourir au marchés de capitaux», a-t-il souligné. La banque affiche un ratio de fonds propres equity tier 1 de 8,3% au 31 mars.
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