BNP Paribas et Albert Frère dénouent un peu plus leurs liens
Les liens historiques entre BNP Paribas et Albert Frère, noués il y a une quarantaine d’années, se détendent progressivement. La banque française a réalisé mercredi le placement d’une émission d’obligations échangeables en actions existantes Pargesa, holding suisse dont elle détient 11,3% aux côtés de Parjointco (structure commune à Albert Frère et Paul Desmarais qui en détient 50%), le solde étant coté en Bourse.
Cette émission obligataire a été réalisée pour un montant de 325 millions d’euros. Le prix d’échange des obligations s’élève à 60,3 euros, représentant une prime de 20% par rapport au cours de référence de Pargesa. Si l’ensemble des titres proposés sont convertis, 6,4% du capital changeraient de mains, abaissant la participation de BNP Paribas à 4,9 %.
Les obligations, émises avec une maturité de trois ans, seront assorties d’un taux d’intérêt annuel de 0,25% payable annuellement à terme échu. Le remboursement, qui interviendra le 21 septembre 2015, pourra être réalisé en titres, en numéraire, ou via une combinaison des deux modes de versements, selon le choix de l’émetteur.
«Le produit de l’offre sera utilisé pour les besoins généraux de financement du groupe», a indiqué BNP Paribas par voie de communiqué. La banque, qui n’a pas souhaité faire de commentaires sur cette opération, a agi en tant que seul teneur de livre de l’offre.
BNP Paribas, qui détenait à l’origine 15% de Pargesa, avait déjà réduit sa participation au capital de la holding. Cette part est tombée à 11,3% (6,2% des droits de vote) en mai 2011 suite à une transaction sur actions nominatives réalisées entre la banque de la rue d’Antin et Parjointco.
La détente des liens entre BNP Paribas et Albert Frère a été lancée en mars 2011. Si les deux groupes ont alors décidé de prolonger leur partenariat jusqu’en 2028, une sortie progressive et étalée de la banque doit intervenir à cet horizon, passant par une simplification de la cascade de holdings du financier belge. Dans cette perspective, les deux partenaires, via le holding Erbé (détenu à 47,5% par BNP Paribas et à 52,5% par Albert Frère), ont lancé l’an passé une offre publique de rachat sur le flottant (28%) de la Compagnie Nationale à Portefeuille (CNP) en vue de la retirer de la cote. BNP Paribas a depuis cédé des actions Erbé à Albert Frère.
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