Bercy en campagne pour promouvoir la place financière de Paris
Bercy repart à l’offensive pour attirer les banques et fonds d’investissement à Paris. Bruno Le Maire sera en déplacement à New York du vendredi 15 au mardi 19 décembre, durant lequel il fera la tournée de grands noms de la finance.
Parmi les noms prévus à son agenda, déjà annoncés par ses services, figurent les dirigeants des fonds Warburg Pincus, Global infrastructure Partners (GIP), de Morgan Stanley, Goldman Sachs, Bank of America et du gestionnaire BlackRock. Il doit en outre participer, lundi 18 décembre, à un dîner avec la communauté d’affaires américaine organisé par Michaël Bloomberg.
Objectif : attirer de nouveaux groupes financiers à Paris, promouvoir les chantiers industriels de la France, et confirmer son attractivité en tant que «plus grande place financière d’Europe continentale». «Paris, en tant que place financière, génère de la richesse et des créations d’emplois», précisent les services de Bercy.
Cinquième place financière dans le classement «Ofex»
«Dans les derniers classements, New York est toujours en tête, mais Paris occupe la cinquième place financière mondiale en termes d’attractivité», ajoute le ministère de l’Economie et des Finances – faisant ainsi référence au dernier classement «Ofex» (Open Financial Ecosystem indeX), publié fin novembre – qui veut mesurer mesure l’attractivité plus globale, et non uniquement le poids boursier des différentes places financières.
L’idée est d’entamer une seconde phase pour confirmer le «leadership» français auprès des fonds et banques d’investissement, dans le sillage de l’effet post-Brexit dont Paris a bénéficié depuis 2017.
De fait, depuis 2017, banques, assureurs, gérants, plateformes de trading ont implanté sur le continent leurs activités ou accroissent leur présence.
Depuis, «5.500 emplois [dans la finance] ont été créés ou relocalisés en France, et nous avons relocalisé à Paris des banques comme Goldman Sachs», précise-t-on à Bercy. Le ministère cite aussi des installations plus récentes à Paris, comme celles du fonds souverain singapourien Temasek en septembre, et bientôt de Public Investment Fund (PIF), le fonds souverain saoudien.
Bruno Le Maire devrait aussi annoncer, début 2024, de nouvelles réformes réglementaires et fiscales «offensives» pour doper l’attractivité de la France auprès du monde de la finance.
Plus d'articles du même thème
-
La parité progresse dans la finance malgré les vents contraires
Le Gender Balance Index 2026 de l'OMFIF, publié mi-avril, documente une amélioration modeste mais continue de la représentation féminine dans 335 grandes institutions financières mondiales. La Société Générale et BNP Paribas se classent dans le top 20 des banques commerciales mais perdent des places par rapport à l'année précédente. -
Les banques britanniques acceptent le devis du scandale du motor finance
La Finance & Leasing Association (FLA), le principal organisme professionnel du secteur financier, fait volte-face en renonçant à contester en justice le plan de réparation, qui coûterait 9,1 milliards de livres aux prêteurs incriminés. -
La réglementation financière et le logiciel de l’Europe
Qu'il s'agisse des exigences en fonds propres des banques, du statut des « non-banques » ou du bon calibrage des règles en matière de moyens de paiement, l'Union européenne peine à trouver le bon équilibre face aux coups de boutoir américains, souligne Vivien Levy-Garboua, professeur au département d'économie de Sciences Po.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La Suisse publie sa proposition de loi «too big to fail» sur mesure pour UBS
Contenu de nos partenaires
-
Guerre au Moyen-Orient : Washington dit examiner les propositions iraniennes pour débloquer le détroit d'Ormuz
Washington - Les Etats-Unis ont dit lundi examiner les dernières propositions iraniennes pour débloquer le détroit d’Ormuz, deux mois après le déclenchement de l’offensive israélo-américaine qui fragilise l'économie mondiale. Une nouvelle proposition iranienne est «en cours d’examen», a indiqué la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, après des informations de presse selon lesquelles Téhéran a fait une nouvelle offre via les médiateurs pakistanais. Les tentatives de relance des discussions sur un arrêt durable des hostilités et la réouverture du détroit d’Ormuz - ébauchées il y a plus de deux semaines au Pakistan - ont jusqu'à présent échoué face à la fermeté affichée par les deux camps, bien qu’un cessez-le-feu soit en vigueur depuis bientôt trois semaines. Avant la guerre, quelque 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux passait par le détroit, désormais soumis à un double blocus iranien et américain qui fait flamber les cours. Selon le site Axios - relayé par l’agence officielle iranienne Irna - Téhéran a formulé une nouvelle offre qui vise à rouvrir le détroit tout en renvoyant à une date ultérieure les négociations sur le dossier nucléaire. «Mieux que ce que nous pensions» A Washington, où le président Donald Trump a conduit une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité lundi, l’administration américaine ne s’est pas exprimée sur le détail de la proposition. «Nous n’allons clairement pas négocier par voie de presse», a indiqué le secrétaire d’Etat Marco Rubio, interrogé sur le sujet. L’offre «est meilleure que ce que nous pensions qu’ils nous proposeraient», a-t-il toutefois assuré. Mais «nous devons faire en sorte que tout accord conclu les empêche définitivement d’avoir à tout moment l’arme nucléaire à leur portée», a insisté le diplomate. Après l’annulation par les Etats-Unis d’un deuxième round de négociations au Pakistan, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a rencontré lundi à Saint-Pétersbourg son allié Vladimir Poutine. Il a à cette occasion imputé l'échec des pourparlers aux «exigences excessives» des Etats-Unis. M. Araghchi a aussi démenti tout affaiblissement de l’Iran malgré les milliers de frappes qui ont visé le pays durant les premières semaines de la guerre et le blocus maritime imposé par Washington à ses ports. «Il est devenu évident que la République islamique est un système stable, robuste et puissant», a-t-il déclaré à M. Poutine, selon la télévision d’Etat russe. Moscou, un des principaux soutiens de Téhéran, fera «tout» pour que «la paix puisse être obtenue le plus rapidement possible», a de son côté assuré le président russe, soulignant vouloir «continuer sa relation stratégique» avec l’Iran. Bilan révisé à Minab Téhéran exige en vue d’une normalisation dans le Golfe des «garanties crédibles» pour sa sécurité, a déclaré l’ambassadeur iranien Amir Saeid Iravani lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU au cours de laquelle des dizaines de pays ont condamné le blocage du détroit d’Ormuz. Le Parlement iranien prépare une loi prévoyant de placer celui-ci sous l’autorité des forces armées. Selon ce texte, les navires israéliens auraient l’interdiction d’y passer et des droits de passage devraient être acquittés en rials iraniens. «Nous ne pouvons pas tolérer que les Iraniens tentent d’instaurer un système dans lequel ils décident qui peut utiliser une voie maritime internationale et combien il faut leur payer pour l’utiliser», a répliqué Marco Rubio sur Fox News. Sur le terrain, à Téhéran, «la situation est devenue effrayante», témoigne Farshad, un chef d’entreprise de 41 ans. «Les gens sont choqués de ne pas avoir d’argent pour acheter quoi que ce soit ou pour manger», dit-il à l’AFP. Déclenchée par une attaque des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran le 28 février, la guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban. Le bombardement au premier jour de la guerre de l'école de Minab, dans le sud de l’Iran, un des drames les plus spectaculaires du conflit, a été ramené à 155 morts (dont 120 enfants) contre au moins 175 précédemment, selon un bilan révisé diffusé mardi par la télévision d’Etat iranienne. Sur le front libanais, des frappes israéliennes dans le sud du pays, où Israël dit viser le Hezbollah pro-iranien, ont fait quatre morts et 51 blessés lundi, selon le ministère libanais de la Santé. Cela porte à au moins 40 le nombre de personnes tuées au Liban depuis le début de la trêve théoriquement en vigueur sur ce front depuis le 17 avril, d’après un décompte de l’AFP à partir des chiffres du ministère de la Santé. Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a réaffirmé son refus des négociations directes prévues entre le Liban et Israël sous l'égide des Etats-Unis. les bureaux de l’AFP à Moscou, Téhéran, Jérusalem et Beyrouth © Agence France-Presse -
Fusillade à Washington : le suspect inculpé de tentative d’assassinat contre Donald Trump
Cole Tomas Allen, 31 ans, ancien enseignant en Californie, a été inculpé pour tentative d’assassinat contre Donald Trump après l’attaque armée survenue samedi soir au Washington Hilton, en marge du dîner des correspondants de la Maison-Blanche -
Procès OpenAI : Elon Musk accuse Sam Altman d’avoir trahi la mission initiale de ChatGPT
Oakland - Les avocats d’Elon Musk et d’OpenAI présentent mardi leurs arguments au jury dans le procès qui oppose le multimilliardaire au patron de ChatGPT, Sam Altman, qu’il accuse d’avoir trahi la vocation non lucrative du laboratoire d’IA qu’ils ont cofondé en 2015. Après la sélection de neuf jurés lundi, le duel entre l’homme le plus riche du monde et le patron de l’entreprise leader de l’intelligence artificielle générative va entrer dans le vif du sujet. Les plaidoiries d’ouverture au tribunal d’Oakland, de l’autre côté de la baie de San Francisco, précèdent les témoignages très attendus des deux hommes ainsi que du PDG de Microsoft. Derrière l’affrontement de ces deux personnalités, devenues incontournables pour l’industrie de la tech américaine et au-delà, cette affaire remet sur le devant de la scène une question fondamentale: qui doit contrôler l’intelligence artificielle, et au profit de qui ? L’histoire remonte à 2015, quand Sam Altman convainc Elon Musk de cofonder OpenAI, promettant un laboratoire à but non lucratif dont «la technologie appartiendrait au monde». Elon Musk y investit au moins 38 millions de dollars. Mais la rupture est consommée à l’hiver 2017-2018, et la fondation OpenAI crée sa filiale commerciale en 2019. Microsoft commence alors à y investir et porte son engagement à 13 milliards de dollars (une participation désormais valorisée à environ 135 milliards). Dix ans plus tard, OpenAI est devenu un colosse commercial, valorisé à 852 milliards de dollars, qui prépare une entrée en bourse retentissante. Elon Musk, lui, a fini par monter son propre laboratoire, xAI, qu’il a absorbé en février dans son entreprise SpaceX, elle même valorisée à 1.250 milliards de dollars et dont l’introduction en Bourse attendue en juin pourrait devenir la plus monumentale de l’histoire du capitalisme. Ralentir un concurrent La juge fédérale Yvonne Gonzalez Rogers entend trancher d’ici mi-mai trois questions soulevées par la plainte de Musk: OpenAI a-t-elle violé sa mission philanthropique originelle ? S’est-elle enrichie injustement ? Ses liens avec Microsoft violent-ils le droit de la concurrence ? Outre un retour au statut non lucratif --qui bloquerait l’entrée en Bourse d’OpenAI--, Elon Musk réclame l'éviction de Sam Altman et de Greg Brockman, cofondateur et président d’OpenAI, ainsi que la rupture des liens avec Microsoft. OpenAI rétorque qu’Elon Musk savait déjà en 2017 qu’un tournant commercial était inévitable pour obtenir les montants colossaux d’investissement nécessaires au développement de l’IA, et que la rupture n’a été provoquée que par son exigence de contrôle absolu. «Cette affaire a toujours été motivée par l’ego, la jalousie et le désir de ralentir un concurrent», a réagi l’entreprise en avril, dans une allusion sans ambiguïté au laboratoire d’IA que Musk a fondé après sa rupture avec OpenAI. S’il a remporté une victoire symbolique en obtenant l’ouverture de ce procès, le patron de SpaceX aborde toutefois la procédure en position fragilisée. La juge, à qui revient la décision finale - le jury n’ayant qu’un rôle consultatif, a largement réduit le champ de ses griefs, rejetant plusieurs demandes clés de l’accusation. Si le jury et la magistrate donnent raison au multimilliardaire sur le fond, c’est néanmoins seule que la juge décidera des conséquences juridiques, lors d’une deuxième phase du procès, prévue la semaine du 18 mai. © Agence France-Presse