Belges et Luxembourgeois veulent reprendre leurs mises dans les ex-filiales de Dexia
Les actionnaires luxembourgeois de Dexia ont écrit samedi dernier à Luc Frieden, le ministre des finances du Grand-Duché pour lui exprimer leurs craintes. «Nous sommes dans une logique d’affaire Fortis bis repetita», écrit l’association luxembourgeoise des actionnaires privés Investas, dans un courrier que L’Agefi a pu consulter. Et de demander «une offre d'échange d’actions de la nouvelle Banque Internationale à Luxembourg contre des actions Dexia».
En Belgique aussi, les actionnaires minoritaires de Dexia Groupe sont sur leurs gardes et aimeraient sauver les meubles autant que possible. «Nous voulons la possibilité d’un retour à meilleur fortune», explique à L’Agefi Pierre Nothomb, partner de Deminor, le cabinet spécialisé dans les procédures collectives des actionnaires. «Il faudrait», pour les actionnaires qui avaient échangé leurs actions dans le Crédit communal belge (devenu Dexia Banque Belgique), «la faculté de revenir dans le capital de la banque» DBB, dit-il. Lundi après-midi, Deminor a publié un nouveau communiqué sur Dexia, ce qui présage du lancement probable d’un mandat auprès des actionnaires.
Mais Deminor insiste également sur les risques de rupture du «principe d'égalité entre actionnaires». Le gouvernement belge devrait en effet réserver des garanties spéciales à deux grands actionnaires particulièrement fragiles et exposés au risque de Dexia : la holding communale, qui regroupe les intérêts de communes belges situées dans les trois régions (Bruxelles, Wallonie et Flandre) ainsi que Arco, une structure financière émanant du mouvement ouvrier chrétien, qui détiennent chacune environ 14% de Dexia.
La holding, comme Arco, se trouvent dans une situation critique du fait de la perte de leur participation notamment dans Dexia qui a réduit leurs fonds propres à une peau de chagrin. En mai dernier, un organisme de contrôle wallon avait déjà critiqué la valorisation des actions Dexia au bilan de la holding dont la faillite imminente est annoncée régulièrement depuis plusieurs mois. La garantie évoquée par le Premier ministre concernerait un financement accordé par Dexia à ses propres actionnaires en 2008 pour leur permettre de maintenir leur participation suite à l’augmentation de capital réalisée à l’époque.
«Il importe de traiter de la même manière l’ensemble des actionnaires», actionnaires particuliers et publics confondus, a déclaré lundi le ministre-président de la région flamande, Kris Peeters, à l’agenge Belga.
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