Barclays paie cher le recentrage de son pôle de trading de taux et change
Dur trimestre pour la banque d’investissement de Barclays. Alors que le groupe britannique a renoué avec les profits d’une année sur l’autre, sa banque d’investissement (BFI)affiche à fin juin un résultat net divisé par deux, à 567 millions de livres (716 millions d’euros). Le produit net bancaire de la division a diminué de 16% sur un an, à 2,15 milliards de livres, malgré un rebond en fusions-acquisitions et dans les émissions primaires de dette et capital.
Moteur traditionnel de la banque, les activités de fixed income (trading de taux et change et matières premières) ont reculé de 27% au deuxième trimestre, alors que le grand rival européen Deutsche Bank affiche des revenus stables. Dans des conditions de marché difficiles, Credit Suisse et UBS ont également bien résisté, à respectivement +4% et -1,9% dans le fixed income où toutes deux ont déjà réduit la voilure. Chez les cinq grandes BFI américaines, les revenus du métier ont baissé de 9,2% en moyenne au cours du trimestre.
La contre-performance de la BFI de Barclays tient en partie au recentrage mené depuis l’amende de 2012 sur le Libor, la première infligée par les autorités pour la manipulation du taux interbancaire londonien. La restructuration de la division a débouché en mai dernier sur la création d’une bad bank interne et l’annonce de 7.000 suppressions de postes supplémentaires dans la BFI. A l’inverse, l’augmentation de capital de 8,5 milliards d’euros réalisée le mois dernier par Deutsche Bank doit lui permettre d’améliorer son ratio de fonds propres pour continuer à investir dans le fixed income. L’environnement de marchés pénalise pourtant ces activités, dont les revenus globaux ont diminué de 14% en 2013 selon Bloomberg, alors que les contraintes réglementaires et les risques juridiques vont croissant.
Sur le front des litiges, Barclays est en première ligne. Dernier épisode en date, le régulateur bancaire de New York veut mettre en place des contrôles au sein du groupe et chez Deutsche Bank dans le cadre de sa vaste enquête sur la manipulation présumée du marché des changes, assurent le Wall Street Journal et Bloomberg.
La banque négocierait aussi un accord avec les autorités britanniques dans le dossier des devises.
Dans les marchés actions, qu’elle considère comme son relais de croissance, Barclays fait l’objet d’enquêtes aux Etats-Unis sur le rôle joué par son dark pool, comme d’autres établissements européens.
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