Astorg Partners finance l’acquisition de Kerneos sur le marché obligataire
Astorg Partners change ses habitudes en finançant, via le marché obligataire, son LBO sur Kerneos. Bouclée jeudi soir, «l’émission a été sursouscrite plus de dix fois», déclare Stéphane Epin, directeur chez Astorg, «d’autant plus satisfait que c’est la première fois qu’une participation d’Astorg émet sur le marché et que le recours au bond pour un financement primaire (et non un refinancement) d’acquisition reste rare». L’an dernier, Bain avait utilisé cette technique pour la reprise de Maisons du Monde.
Jusqu’à présent, Kerneos était une filiale du fabricant de matériaux Materis, propriété de Wendel. Le LBO d’Astorg, qui devrait être bouclé vers fin mars, valorise le leader mondial des aluminates de calcium 600 millions d’euros, avec plus de 350 millions d’equity et 242 millions de dette existante selon Standard & Poor’s.
Pour le financer, Kerneos a levé 350 millions d’euros, au lieu des 335 millions prévus. Ses titres à échéance 2021 sont assortis d’un coupon de 5,75% pour la tranche de 200 millions à taux fixe, et à Euribor +4,75% pour les 150 millions à taux variable. «Nous nous étions basés sur une hypothèse de 6,75% lorsque nous avons monté l’opération en novembre, explique Stéphane Epin. Outre le profil financier de Kerneos et les qualités du management, nous avons travaillé très rapidement pour préparer les comptes et documents de support et nous mettre en position d’émettre le plus tôt possible, avant la concurrence». Si les marchés n’avaient pas été porteurs, Astorg aurait misé sur un bridge loan puis un prêt bancaire classique. Mais «avec une dette senior, nous aurions eu moins de levier et des covenants [clauses d’endettement] contraignants», concède Stéphane Epin.
La dette high yield, notée B+/B2, représente 4,8 fois l’Ebitda de Kerneos, de 73 millions d’euros en 2013 pour 365 millions de chiffre d’affaires. S’y ajoute une dette d’exploitation de 40 millions d’euros consentie par BNP Paribas, Mizuho et Goldman Sachs, qui a conduit l’émission obligataire. Wendel a également octroyé un crédit vendeur de 60 millions. Astorg et le management, très minoritaires, apportent enfin 200 millions de fonds propres et quasi-fonds propres.
Si le levier est «élevé» pour Standard & Poor’s et «correct» pour Moody’s, tous deux soulignent que la société est peu diversifiée et soumise aux cycles des matières premières, mais qu’elle a su maintenir une marge d’Ebitda de 18-20% depuis sa baisse d’activité en 2009.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester