Assurance vie: l’attaque tout sauf productive des députés
Improductif : qui ne produit, ne rapporte rien. Ce vendredi, une triste alliance de députés a décidé de pousser un cran trop loin les subtilités de la langue française. Nvidia vaut plus que tout le CAC 40 réuni, les exportations chinoises détruisent méthodiquement l’automobile européenne, mais l’Assemblée nationale préfère se consacrer à la seule priorité qui vaille : définir la « fortune improductive », puisque celle-ci aura désormais son impôt.
Le résultat, le rétablissement d’une sorte d’ISF, est un petit chef d’œuvre. Passons sur les objets précieux, voitures, jets privés et bitcoins, encore que les numismates et les collectionneurs de cartes Pokémon puissent se demander à quelle sauce ils seront taxés. Plus intéressant, les liquidités et placements assimilés font également partie de l’assiette. Le Livret A, censé financer le logement social ? Improductif. Les dépôts que les banques transforment en crédits aux entreprises et en prêts à l’habitat ? Improductifs, encore et toujours.
Quant à l’assurance vie en euros, la voilà elle aussi assujettie au nouvel impôt sur la fortune improductive, à la différence des unités de compte. Un adjectif qu’il faudra donc étendre aux centaines de milliards d’emprunts d’Etat détenus dans les portefeuilles des fonds en euros, et à la dépense publique que cette dette finance. Si d’aventure le vote d’une telle mesure devait conduire à des sorties massives mettant en péril la liquidité de certains contrats, ceux-ci seraient contraints de vendre à vil prix leurs obligations. A moins que les autorités ne prennent la lourde responsabilité de limiter les retraits des épargnants. Le promoteur de l’amendement adopté vendredi en séance, le député Modem Jean-Paul Mattei, ci-devant notaire, n’a pas l’air de s’en émouvoir. Ce multirécidiviste des propositions visant à rogner l’attrait du placement préféré des Français a peut-être un vieux compte à régler avec la profession.
Bien sûr, on dira que tout cela n’est pas très sérieux, pas plus que le doublement de la taxe Gafam ou l’imposition des multinationales à due proportion du chiffre d’affaires réalisé dans le pays. Que le passage au Sénat et le retour en deuxième lecture à l’Assemblée donneront lieu à d’autres numéros d’histrion, avant que la censure n’enterre ce projet de loi de finances zombie. Ce qui nous ramène aux arguties sémantiques du parlement, avec une certitude : improductives, les indemnités des députés le sont assurément.
Plus d'articles du même thème
-
Paris cherche à préserver un vernis de crédibilité budgétaire
Pour éviter que les taux s’emballent et ne pèsent encore davantage sur les coûts de financement de la dette, le gouvernement a présenté son budget 2027 avec 43 milliards d’euros d’économies et hausse d'impôts largement réparties, mais préservant les investissements dans la défense. -
Bercy cherche à diviser par deux le déficit de la Sécu
Le projet de loi de finances de la Sécurité sociale 2027 vise à réduire de moitié le déficit de la Sécu. Pour atteindre cet objectif ambitieux, le gouvernement entend freiner sur la dépense et mieux répartir l'effort. Il demande, entre autres, 1,6 milliard d’euros de plus aux complémentaires. -
Frédéric Sauvage (Baloise Vie Luxembourg) : « Tous les clients qui nous interrogent ne partent pas »
Le directeur France de Baloise Vie Luxembourg revient sur l'engouement de la clientèle française pour l'assurance vie luxembourgeoise.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
- Les successions font flamber les rémunérations aux Etats-Unis
Contenu de nos partenaires
-
Spiritueux d'exception : le sacre des métiers d'art
Les premiers crus dévissent, mais dans les chais et les ateliers, maîtres assembleurs, cristalliers et moines façonnent de nouveaux objets de désir. -
Des Michel-Ange pur sucre
Longtemps éclipsés par les chefs cuisiniers, les pâtissiers sont devenus de véritables têtes d'affiche. Une revanche dopée notamment par les réseaux sociaux. -
La relève au bout des doigts
Afin d'assurer la continuité de leurs ateliers, les Maisons de luxe multiplient les initiatives pour transmettre leurs savoir-faire et donner envie aux nouvelles générations de faire carrière avec leurs mains.