Arkeon Finance risque une nouvelle sanction de l’AMF
La société de Bourse Arkeon Finance risque une deuxième amende en près de deux ans de la part de la Commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Le représentant du Collège a demandé une amende de 100.000 euros minimum à l’encontre de la société et d’un ancien dirigeant. La société pourrait également écoper d’un avertissement. Le représentant du Collège lui reproche notamment un manque d’indépendance des analyses financières et des conflits d’intérêts.
Le rapporteur de la commission des sanctions et le représentant du Collège ont déploré que l’ancien directeur général délégué d’Arkeon, Charles-Henri Berbain, qui était responsable de la vente actions, n’hésitait pas à intervenir au sujet des objectifs de cours proposés par l’analyse financière sur le titre de la société Safetic. Spécialisée dans les accès de contrôle sécurisé et les dispositifs de santé comme les défibrillateurs, la société a été cotée sur Alternext avant d’être liquidée au début de l’année 2012.
Les représentants de l’AMF ont par ailleurs souligné que le chef des analystes financiers d’Arkeon était le contact d’un investisseur intéressé par les titres de la société Safetic. Si le rapporteur a attiré l’attention de la commission sur «la difficulté pour les petites structures d’organiser une séparation adéquate des fonctions», il a estimé, comme le représentant du Collège, qu’il n’existait pas dans la société de séparation des activités susceptibles de générer des conflits d’intérêts.
Arkeon et son ancien directeur général délégué se sont aussi vu reprocher l’absence d’indépendance dans la production d’analyse financière. Les représentants de l’AMF ont montré, mails à l’appui, que la société Safetic était destinataire des recommandations d’investissement avant leur diffusion. Le représentant du Collège a aussi retenu un manquement de défaut de loyauté vis-à-vis d’un client mais celui-ci avait été écarté par le rapporteur de la commission.
La Commission avait condamné Arkeon Finance à une sanction de 100.000 euros à l’été 2012 dans une autre affaire. La société a aussi été condamnée par l’ACPR en mars dernier à un blâme et à une sanction de 100.000 euros.
Dans le même dossier, le représentant du Collège a demandé une sanction de 70.000 euros minimum à Safetic et 130.000 euros minimum à l’encontre de son ancien patron, Patrick Fornas, pour n’avoir pas publié des informations exactes, précises et sincères, pour manquement d’initié et pour omission de déclarations d’opérations.
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