Apax poursuit ses cessions en vendant Vizada à Astrium
Apax Partners met à profit la période estivale. La société de gestion française (autonome par rapport à la structure éponyme basée à Londres) a annoncé hier la vente de Vizada à Astrium, filiale du groupe EADS. Le montant de la transaction atteint 960 millions de dollars (673 millions d’euros). Selon nos informations, il permettrait à Apax d’au moins quadrupler sa mise.
Alors que des contacts avaient été établis depuis le début de l’année, la procédure de vente s’est accélérée avec le dépôt d’une offre préemptive à la fin du mois de juin. Apax et Vizada faisaient l’objet de nombreuses sollicitations de fonds et d’opérateurs de flottes de satellites, les actionnaires ont accepté d’ouvrir des discussions bilatérales exclusives avec Astrium.
La complémentarité entre la division Services d’Astrium et Vizada ainsi que la trésorerie pléthorique d’EADS (11 milliards d’euros) expliquent le prix payé par l’acquéreur: il valorise la cible à 10,1 fois son Ebitda prévisionnel pour 2011. Les activités d’Astrium Services sont encore majoritairement européennes et militaires. Or, Vizada, spécialisé dans les services de communications par satellite, est dominant dans le civil (maritime, ONG, etc.). Et ses activités militaires sont surtout américaines, là où EADS souhaite se renforcer. L’entreprise a été constituée par la fusion de France Telecom MSC, acquis en 2006, et de Telenor Satellite Services en 2007. Il est le dernier actif significatif du FCPR Apax France VI, levé au début des années 2000.
Pour Apax, il s’agit de la sixième opération de vente depuis le début de l’année, après Outremer Telecom (également issu du fonds VI), Prosodie, la filiale espagnole de Capio, ainsi que les cessions de ses participations dans Cegid et Hubwoo. Ces sorties ont généré un total de 580 millions d’euros de produits de cession (redistribués aux investisseurs et versés à ses professionnels au titre du carried interest). Elle a également consacré 140 millions à trois acquisitions (Vocalcom, Amplitude et Numericable Belgique-Luxembourg). Enfin, Apax vient de boucler la collecte d’Apax France VIII, à 700 millions d’euros. «Le marché est encore animé par des transactions secondaires, à des prix élevés. Nous privilégions les opérations primaires plus complexes comme les carve out ou les rapprochements nécessitant une connaissance sectorielle forte et permettant de créer de la valeur», indique à L’Agefi Bertrand Pivin, associé chez Apax.
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