Alès Groupe se dote de nouveaux moyens pour repartir
Alès Groupe entrevoit le bout du tunnel. En négociation pour restructurer sa dette et trouver un investisseur, la société de cosmétiques a annoncé hier l’arrivée de Co-Capital comme actionnaire minoritaire et la signature d’un accord avec ses créanciers.
Co-capital, groupe marocain regroupant des distributeurs de médicaments et partenaire de longue date d’Alès, va injecter 20 millions d’euros dans Avila, la holding de la famille Alès (qui détient 78% du capital de la PME). Cet apport va lui permettre d’entrer à hauteur de 40% au capital d’Avila. Un accord de principe avait été annoncé fin mars, sans dévoiler le nom de l’investisseur.
Les fonds seront mis à disposition d’Alès par compte courant d’actionnaire. La société procédera en juillet à une augmentation de capital avec maintien du DPS d’un montant maximum de 25,5 millions d’euros, au prix de 3,90 euros par action: Avila y souscrira à hauteur de 20 millions. En outre, un package de 4 à 5 millions d’euros sous forme d’actions, auquel souscrira l’équipe dirigeante, sera mis en place.
«Alès va donc bénéficier de 30 millions d’euros de new money, dont 24 millions de ressources garanties», indique Frédéric Poux, l’ancien PDG d’Afflelou, dont la nomination au poste de président du directoire d’Alès a également été annoncée hier. Cet argent ira renforcer la trésorerie (34 millions d’euros bruts fin 2018) et financer la fin du plan d’investissement mis en place fin 2017 (essentiellement marketing et R&D).
Tout comme les 28 millions d’euros récoltés lors de la vente du parfumeur Caron en septembre ont financé la RCC (qui a concerné 120 personnes) et la modernisation de l’outil industriel, les nouveaux fonds ne seront donc pas consacrés au désendettement d’Alès, dont la dette nette atteignait 61 millions d’euros fin 2018. En revanche, ils permettent au groupe de conclure un accord avec ses créanciers, avec qui il négociait depuis fin 2017.
Alès obtient un rééchelonnement de trois ans de ses obligations à échéance février 2022, 2023 et 2024, moyennant un surcoût de 75 points de base. En outre, il n’aura pas à respecter ses ratios d’endettement net sur Ebitda et sur fonds propres en 2019 ni en 2020.
Enfin, l’arrivée de Co-capital est l’occasion de revoir la gouvernance d’Alès, dont la nature familiale et la compétence avaient été mises en cause par le fonds activiste Ciam début 2018. «Le conseil de surveillance fera l’objet d’une refonte globale et devrait compter onze membres», confirme Frédéric Poux. Aux quatre membres familiaux s’ajouteront deux représentants de Co-capital, complétés par des indépendants experts pilotant des comités (audit, stratégie…).
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