ABN Amro multiplie les opérations de restructuration de son bilan
ABN Amro cherche à assainir son bilan. La banque néerlandaise passée sous le giron de l’Etat en 2008, a annoncé vendredi qu’elle lançait une opération de rachat de titres de dettes senior d’un nominal de 5 milliards d’euros. Si les conditions de l’opération n’ont pas été spécifiées, elle suit la décision de la banque, quelques jours plus tôt, d'échanger six obligations lower tier 2 contre deux nouveaux titres de dette subordonnée d’une maturité de 10 ans sans option de rachat anticipé pour un montant total de 2,8 milliards d’euros. Cette deuxième opération sera réalisée à un prix compris entre 96,5% et 97% du pair, soit une légère décote (de 3,5%) destinée à susciter l’intérêt des investisseurs, mais «à des niveaux au-dessus des prix de marchés» précise Tullett Prebon.
Ce type d’opération en capital, du rachat de dette à l’échange de titres courts pour des maturités plus longues, tend à rendre les titres compatibles avec les nouvelles règles édictées par Bâle 3 qui seront mises en place en janvier 2013. L’opération «vise à gérer efficacement le capital tier one de l’émetteur dans le cadre de la transition vers Bâle 3», a d’ailleurs confirmé la banque.
Du fait de l’aide de 6,9 milliards d’euros reçue par l’Etat, la Commission européenne (CE) n’autorise pas la banque à exercer les options d’achat sur certains titres. Cependant, l’autorisation délivrée à l’aide étatique accordée par l’Etat néerlandais par la CE en début de mois, sous conditions de n’effectuer aucune acquisition pendant trois ans et de maintenir la marge actuelle de la banque au sein de son activité de private banking, a changé la donne. Avec le projet d’introduction en bourse d’ABN Amro à partir de 2013-2014 qui devrait permettre au groupe de rembourser l’aide étatique, Tullett Prebon estime que «la banque pourrait probablement à nouveau exercer les calls sur les LT2 à partir de 2014».
Les pertes du groupe ont atteint 414 millions d’euros sur l’exercice 2010, creusées notamment par la cession d’activités de banque commerciale à Deutsche Bank qui ont engendré des pertes de 818 millions d’euros, ainsi que par la fusion avec Fortis Bank Nederland qui lui a coûté 679 millions d’euros en coût de restructuration. ABN Amro entend bien retourner en zone de profit cette année. Si c’est le cas, 40% de ceux-ci devront néanmoins être directement versés dans les caisses du Trésor néerlandais.
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