2010 sera encore une année de transition en fusions-acquisitions
L’Agefi : Quelle est la tendance de rentrée sur le marché des fusions-acquisitions ?
Thomas Campion : Dans l’ensemble, les opérations de taille font encore face à des obstacles, notamment le financement toujours rare, ainsi qu’une méfiance des équipes dirigeantes à lancer des opérations structurantes dans un contexte économique particulièrement défavorable. Hormis le cas un peu exceptionnel d’Areva T&D, les grandes opérations payées en numéraire resteront rares. En revanche, le marché devrait être alimenté par les opérations « d’assainissement de bilans » attendues par les investisseurs. Elles concernent des actifs peu stratégiques et/ou peu rentables, de taille relativement réduite (jusqu’à 500 millions d’euros).
Certains secteurs seront-ils plus actifs que d’autres ?
Certains secteurs tels que les « utilities », les matériaux de construction ou les télécoms devraient en toute hypothèse alimenter l’activité M&A. Certains groupes ont effet déjà annoncé et initié des programmes de cessions importants sur 2009-2011 pour renforcer leur situation financière et recentrer l’activité sur les métiers stratégiques. Les grandes opérations de consolidation seront en revanche plus rares dans les douze prochains mois.
Certains groupes de private equity à l’image de KKR recommencent à placer des IPO. Cela va-t-il leur donner les moyens de revenir sur le marché des M&A ?
Le problème ne doit pas être posé dans ces termes. Les plus touchés par la crise concentrent aujourd’hui leurs efforts sur les participations en restructuration et, par construction, ne sont pas dans une logique d’expansion du portefeuille. Quant aux autres, les produits de cession liés à d’éventuels placements en Bourse permettront avant tout d’assurer un « pay-back » aux investisseurs (LPs). L’absence de financement bancaire est un frein majeur à leur activité. Les fonds de LBO resteront néanmoins actifs sur quelques opportunités de qualité avec une discipline financière.
Quel sera dans ces conditions le bilan de fin d’année ?
En tendance, le deuxième semestre pourrait être un peu meilleur que le premier. Mais il faudra attendre 2010 pour espérer une éclaircie. Si la reprise se concrétise, on pourrait avoir un retour des opérations hostiles, ce qui serait le signe d’un vrai regain de confiance. A priori, 2010 sera encore une année de transition pour les M&A suivie d’une reprise plus franche en 2011.
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