Volksbanken prend des mesures radicales pour se sauver
Dans la tourmente réglementaire que subit le secteur bancaire européen, Österreichische Volksbanken a adopté une thérapie de choc. L’établissement autrichien a annoncé jeudi soir, à l’issue de son conseil d’administration, sa décision de mettre en place une structure de défaisance dans laquelle elle transférera ses activités jugées non stratégiques. Cette entité sera chargée de les céder ou de les gérer en extinction. Parallèlement, Volksbanken va supprimer environ 20% de ses effectifs, soit 250 postes.
L’objectif est, sans surprise, de renforcer son capital. Volskbanken a en effet failli à deux reprises aux tests de résistance de l’Autorité bancaire européenne (ABE) cette année. L’autorité estime qu’il manque 1,05 milliard d’euros au groupe basé à Vienne pour atteindre le ratio de fonds propres réglementaires minimum de 9%. L’établissement doit en outre encore rembourser le milliard d’euros reçu du gouvernement autrichien en 2009. Il a en effet été sauvé par l’Etat suite à la faillite de Lehman Brothers, grâce à la nationalisation de sa filiale Kommunalkredit en novembre 2008.
Autant dire que Volksbanken se livre à une cure d’amaigrissement radicale: les actifs transférés représenteront entre la moitié et les deux tiers de son bilan, qui se montait à 43,6 milliards d’euros au 30 septembre. Ils comprendront une filiale maltaise, son activité de leasing en Europe centrale et orientale, ainsi que les 51% de participation que l’établissement détient dans Volksbank Romania (le solde est principalement détenu par le groupe français BPCE et les Allemands DZ Bank et WGZ Bank).
Pour faciliter la cession de cette filiale, le groupe autrichien va procéder à une augmentation de capital de plus de 200 millions d’euros au début de l’année prochaine. Il prévoit de la céder au cours des deux à trois prochaines années, lorsque le contexte de marché sera plus favorable.
Volksbanken a déjà signé un accord avec Sberbank relatif à la cession de VBI, qui regroupe ses activités en Europe centrale hors Roumanie. Mais il semble y avoir de l’eau dans le gaz: en effet, lors d’une réunion avec les analystes rapportée par le journal Vedomosti, le mastodonte russe aurait menacé de ne pas procéder à l’acquisition si l’actionnaire de VBI n’injectait pas de fonds propres supplémentaires, conformément à ce qui était convenu.
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