Visa Europe a rendez-vous avec Bruxelles et les paiements sans contact
Visa Europe a passé l’an dernier le cap des 1.000 milliards d’euros dépensés avec ses cartes de débit. Ce montant illustre la bonne santé du fournisseur de solutions de paiement. Son chiffre d’affaires a progressé de 10,8% au cours de l’exercice clos fin septembre 2012, à 1,1 milliard d’euros, pour un résultat avant impôt de 260 millions (+7,9%). Malgré une économie en berne, «les résultats restent bons grâce aux investissements réalisés depuis cinq ou six ans», déclare Philippe Menier, directeur général adjoint de Visa Europe. A cette enveloppe d’un milliard d’euros s’ajouteront 300 millions cette année.
Pour pérenniser son modèle, l’association espère gagner son bras de fer face à Bruxelles sur les commissions d’interchange, payées par la banque du commerçant à celle de l’utilisateur de la carte. Suite à des griefs concernant les opérations transfrontalières et les paiements domestiques dans huit pays, «nous allons arriver à un accord avant la fin du mois, assure Philippe Menier. Nous avons contesté la base légale de [l’argumentaire de] la Commission européenne pour qui un taux de 0,2% ou 0,3% représente le coût du cash».
L’exécutif européen juge en effet que les paiements par carte ne peuvent coûter plus cher aux commerçants que le traitement des règlements en liquide de leurs clients. Visa Europe ne conteste pas le taux de 0,2 % applicable aux cartes de débit mais s’oppose farouchement à celui de 0,3 % sur les cartes de crédit. Quelle que soit l’issue, Visa Europe et son concurrent Mastercard n’en ont pas fini avec Bruxelles car la future directive sur les moyens de paiement pourrait remettre en cause l’existence même des commissions d’interchange.
2013 est aussi charnière pour le décollage de deux moyens de paiement alternatifs à la traditionnelle carte à puce. Le premier est le paiement sans contact par carte ou mobile, «pour lequel le nombre de terminaux de paiements [équipés] est très nettement insuffisant», reconnaît Philippe Menier qui revendique tout de même un quadruplement des opérations en 2012.
Le second est «V.me», qui permet de regrouper toutes les cartes du consommateur dans un portefeuille virtuel pour des transactions en ligne plus rapides et plus sûres. Après quatre banques en Grande-Bretagne, quatre ou cinq espagnoles et deux ou trois françaises pourraient sauter le pas ces prochains mois. Pour le moment, leur identité reste secrète.
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