Unipol et Fondiaria Sai approuvent une fusion à haut risque
Unipol et Fondiaria Sai vont pouvoir convoler. Les actionnaires des deux groupes d’assurances italiens, réunis hier en assemblée générale extraordinaire, ont approuvé les projets d’augmentation de capital nécessaires à la fusion des sociétés. Les fonds Sator et Palladio, qui présentaient une offre concurrente de rachat sur Fondiaria Sai, dont ils détiennent 8% du capital, se sont abstenus. Ils tiendront aujourd’hui une conférence.
Le plus dur reste à faire au vu des difficultés de Fondiaria. Le 15 mars, ce dernier a publié une perte annuelle supérieure au milliard d’euros pour 2011. La compagnie affiche un ratio combiné (sinistres et coûts sur primes encaissées) de 112% qui montre tout le chemin à parcourir avant de redevenir rentable. Contrôlé par Premafin, le holding de la famille Ligresti, l’assureur auto a fait approuver une augmentation de capital de 1,1 milliard d’euros. Celle-ci lui permettra d’afficher une marge de solvabilité de 125% pro forma à fin 2011, et de 136,5% en tenant compte du niveau de valorisation des marchés financiers au 8 mars.
Les actionnaires d’Unipol se sont prononcés, eux, à 99,81%, en faveur d’une augmentation de capital du même montant. Le groupe intégrera ainsi son concurrent dans une transaction qui doit aussi écraser la cascade de sociétés Premafin et Milano Assicurazioni (filiale de Fondiaria). En raison de dépréciations sur la valeur de sa filiale bancaire, Unipol a perdu 94 millions d’euros en 2011, mais l’assureur affiche une marge de solvabilité d’environ 140% et un ratio combiné de 95,5%.
Le futur groupe s’est fixé des objectifs pour le moins volontaristes. Unipol a annoncé à horizon 2015 pour le nouvel ensemble un bénéfice net de 970 millions d’euros (avant intérêts minoritaires), des synergies annuelles de 335 millions ou encore un ratio combiné de 93% que la compagnie n’a jamais réussi à atteindre. «Ce plan d’affaires est basé sur un scénario rêvé», estime CA Cheuvreux, qui table plutôt sur un ratio combiné de 95% en 2015 et un résultat net avant intérêts minoritaires de 418 millions. «Nous restons prudents: nous ne voyons pas de création de valeur dans la transaction, mais beaucoup de risques, le principal étant un nouveau nettoyage de bilan pour FonSai», conclut le courtier actions.
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