UniCredit serait confrontée à un besoin en capital de plusieurs milliards d’euros
Pour se mettre en phase avec ses concurrents italiens dans la perspective de Bâle 3, UniCredit affiche un besoin capitalistique de plusieurs milliards d’euros, selon les analystes. «L’augmentation de capital d’Intesa (qui vise 5 milliards d’euros, ndlr) relève la barre, en termes de ratios core tier one, au sein du secteur bancaire italien», estime KBW. D’autant que la banque italienne a officialisé la semaine dernière l’arrêt du processus de vente de sa filiale de gestion d’actifs Pioneer.
A fin 2010, les ratios tier one et core tier one d’Unicredit s’élevaient à 9,5 et 8,6% en normes Bâle 2. «Le ratio core tier one du groupe s’établit à 7,3% en normes Bâle 3. Nous estimons que la génération de capital organique d’UniCredit portera ce ratio à 8% à horizon 2012, soit un niveau inférieur à celui de ses pairs (8,6% pour Monte dei Paschi et 10% pour Intesa Sanpaolo)», indiquait JPMorgan, dans une note en date du 19 avril.
Selon les estimations de JPMorgan, le ratio core tier one d’Unicredit devra s’élever à 8,7% à horizon 2012 en normes Bâle 3, ce qui représente un besoin capitalistique de 4 milliards d’euros. KBW perçoit de son côté «un besoin d’environ 6,4 milliards d’euros pour disposer d’un ratio core tier one de 9,5% d’ici à 2012» et pour atteindre le ratio de 8,5% d’Intesa aujourd’hui.
Pour autant, UniCredit a réitéré à plusieurs reprises ne pas prévoir d’augmentation de capital, jugeant sa solvabilité suffisante. Le Comité de Bâle ne fixe un ratio plancher de 7% qu’au 1er janvier 2013.
«La décision d’Intesa de se recapitaliser accroît le risque qu’UniCredit doive suivre au regard de sa faible génération de capital organique et des incertitudes liées à ses initiatives de gestion du capital», relevaient le 7 avril les analystes d’Exane. Ils estiment que dans tous les cas, le titre va rester sous pression tant que les ratios de solvabilité n’auront pas atteint des niveaux plus élevés.
Selon la presse italienne, la banque étudierait des cessions d’actifs, dans les pays baltes ou dans ses activités de banque d’investissement. Concernant Pioneer, «la meilleure solution (…) est de se concentrer sur la croissance organique», a indiqué jeudi dernier UniCredit, estimant que sa filiale se révèle en «bien meilleure forme que lorsque le processus de révision stratégique a été lancé». La banque souligne ainsi que le chiffre d’affaires et le résultat de Pioneer ont crû de 13% sur 2010.
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