UniCredit lance son appel au marché en pleine déconfiture
UniCredit lance aujourd’hui son augmentation de capital sous haute tension. L’action de la banque a encore chuté de 11,1% vendredi, à 3,98 euros, portant son recul à 37% en trois séances, depuis l’annonce des détails de l’opération le 4 janvier. Tombée à 7,7 milliards d’euros, la capitalisation boursière du groupe est à peine supérieure aux 7,5 milliards qu’il s’apprête à lever. Les droits préférentiels de souscription (DPS) attachés aux titres commenceront à traiter aujourd’hui, et une vente massive de la part d’actionnaires ne souhaitant pas souscrire à l’offre serait de mauvais augure pour le succès de cette dernière.
La correction est d’autant plus brutale que le montant de l’appel au marché était connu depuis plusieurs semaines. La Consob a d’ailleurs ouvert une enquête pour voir si son interdiction des ventes à découvert sur les titres bancaires avait été contournée. Mais les investisseurs ont été surpris par l’ampleur de la décote proposée, de 43% sur le cours théorique de l’action UniCredit une fois les droits détachés et l’opération réalisée (le TERP).
Cette décote vise avant tout à prémunir les banques chargées du placement contre la volatilité excessive du marché, en faisant en sorte que le cours de l’action reste sensiblement supérieur au prix de souscription (1,943 euro par titre nouveau).
Cette décote est supérieure à celles qu’avaient adoptées l’an dernier Banca Popolare Milano (40%), Commerzbank (30%) et Intesa Sanpaolo (24%) pour des transactions du même type. Vendredi soir, elle n’était plus que de 26% sur le nouveau TERP recalculé par nos soins.
L’autre signe des conditions de marché difficiles tient à la foule de banques mandatées pour l’opération: 26, en plus d’UniCredit. Une sorte de record, même si Prudential avait envisagé de confier à 32 banques le soin de mener son augmentation de capital pour racheter les activités d’AIG en Asie, un projet finalement resté sans suite. L’an dernier, Intesa avait désigné 20 établissements pour diriger son appel au marché.
Ces 27 conseils, qui ont garanti à UniCredit la bonne fin de son augmentation de capital, verront donc leur part du gâteau se réduire. La banque italienne indique dans son prospectus que l’opération lui coûtera 250 millions d’euros de frais divers, au titre des commissions versées à ses banques et à ses conseils juridiques. Ce qui représente 3,3% du montant de son appel au marché.
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