UniCredit joue gros sur le traitement de ses titres de capital hybride
Alors que les analystes et les marchés poussaient depuis des mois UniCredit à augmenter son capital, la pression est cette fois-ci venue du régulateur. L’Autorité bancaire européenne (EBA) évalue à 7,4 milliards le déficit de capital de la première banque italienne pour atteindre un ratio de fonds propres core tier one de 9% d’ici au 30 juin 2012, selon ses derniers tests. Cela représente la moitié du montant total de capital à trouver pour les cinq banques italiennes testées, dont Intesa Sanpaolo qui s’est vue exonérée d’un tel effort par l’EBA.
«UniCredit travaille à identifier les actions de gestion du capital à mettre en place pour atteindre les objectifs du groupe », déclare la banque dans un communiqué.
Le groupe compte tout particulièrement sur l’éligibilité d’instruments spécifiques de capital hybride, appelés Cashes, dans le calcul des fonds propres. La situation est similaire pour Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS), dont le déficit de capital s’élève à 3,1 milliards d’euros, et dont les instruments hybrides sont baptisés Fresh. L’EBA n’a en effet pas inclus ces produits dans ses calculs.
L’enjeu est de taille car si UniCredit, qui veut tout faire pour éviter un appel au marché, obtient la prise en compte de ces instruments dans le calcul du core tier one, son besoin en capital serait réduit à 4,4 milliards d’euros. Pour BMPS, le déficit de fonds propres serait ramené à 2,1 milliards d’euros.
«Nous n’avons pas tellement de visibilité sur les produits en question et c’est d’ailleurs ce qui nous fait douter de la possibilité de ces banques d’avoir une sorte d’amendement par rapport à la réglementation Bâle 3 pour les rendre éligibles en tant que core capital et a fortiori dans le cadre des 9% demandés par l’EBA selon ses calculs, souligne un analyste. Les banques italiennes sont en train de faire du lobbying pour rendre ces actifs éligibles.» Il ajoute que des précisions sur ces produits seront très attendues lors des résultats du troisième trimestre.
Qu’elles aient gain de cause ou non, ces banques devront trouver d’autres sources de capital, via notamment d’importantes mises en réserve des bénéfices. «Cela sous-entend une réduction potentielle du taux de distribution à zéro. Cela paraît peu imaginable compte tenu du poids de leurs actionnaires, les fondations, qui vivent essentiellement des remontées de dividendes», prévient l’analyste.
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