« Une pandémie ne permet pas en elle-même de justifier le droit de retrait »
Muriel Pariente, avocate spécialisée en droit social chez Ashurst
Les salariés d’agences bancaires qui continuent à se rendre sur leur lieu de travail peuvent-ils exercer leur droit de retrait ?
Cette question fait actuellement l’objet de beaucoup d’interrogations chez les salariés, et la réponse dépend de la mise en place des mesures sanitaires publiées sur le site du gouvernement par l’employeur. Car une pandémie ne permet pas en elle-même de justifier le droit de retrait. Si un salarié exerce son droit de retrait, il s’expose soit au refus de l’employeur de lui payer son salaire, soit à un licenciement pour abandon de poste. Si, par la suite, le salarié saisit les Prud’hommes pour contester l’une ou l’autre conséquence de l’exercice de son droit de retrait, ce sera aux juges d’apprécier chaque situation, au cas par cas.
Justement, y a-t-il un risque de contentieux dans le futur entre ces salariés qui ont été obligés d’aller travailler et leurs employeurs bancaires ? Dans le cas d’un salarié qui tombe malade par exemple ?
L’employeur est soumis à une obligation de sécurité pour ses salariés qui est une obligation de résultat. Dans le contexte actuel, les banques doivent respecter toutes les mesures sanitaires imposées par le gouvernement comme les « mesures barrières », mais on voit qu’en pratique, il y a des difficultés. Si un salarié saisit la justice pour attaquer son employeur, ce dernier devra démontrer qu’il a respecté toutes les mesures. Si un salarié décède du coronavirus après avoir été travailler, ou s’il contracte la maladie, on viendra chercher des responsabilités auprès de l’employeur mais aussi de l’Etat qui a demandé aux banques de poursuivre leur activité. Le salarié devra alors démontrer que son employeur n’a pas respecté les mesures barrières et, de ce fait, son obligation de sécurité. La banque ne pourra pas forcément être tenue pour responsable parce qu’elle a maintenu ses agences ouvertes.
Plus d'articles du même thème
-
Les économistes tentent de faire bouger les lignes des banques centrales
Le Forum de Sintra 2026 était organisé de manière à ne pas trop aborder les évolutions des politiques monétaires. Malgré cette volonté de la Banque centrale européenne (BCE) de rester discrète sur ce sujet, les débats en coulisses sont régulièrement revenus dessus. -
La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
L’étude économique de l’OCDE décrit un développement économique remarquable en trois décennies mais recommande des ajustements de fiscalité, davantage d’investissement dans l’éducation et un rééquilibrage territorial. -
Les Etats-Unis ont moins créé d'emplois que prévu en juin
Les créations de postes sont ressorties à 57.000 le mois dernier et elles ont été révisées à la baisse au titre du mois de mai.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Les ambitions d’Air France-KLM sont freinées par des vents contraires
- Apple injecte 30 milliards de dollars dans des puces Broadcom conçues aux Etats-Unis
- Michala Marcussen (Société Générale) : «L’Europe pourrait s’inspirer de certaines pratiques chinoises»
- Le gouvernement annonce de nouvelles économies et évoque un dérapage du déficit public
Contenu de nos partenaires
-
L'air du largeUne Europe radicalement différente en 2027 ?
Un basculement populiste du Royaume-Uni, de l'Allemagne et de la France donnerait naissance à une Europe inédite, en rupture totale avec celle des Pères fondateurs -
Garde-à-vousAttal, Philippe, Retailleau : comment ils se préparent au rôle de chef des Armées
S’ils étaient élus en mai 2027, les candidats de la droite et du centre devraient endosser la responsabilité du feu nucléaire dans un contexte stratégique marqué par le retour de la guerre en Europe. Ils se confient à l'Opinion -
Incendies en forêt de Fontainebleau : plus de 1 900 hectares ravagés
Dans le détail, « 1 600 » hectares ont été parcourus par le principal foyer, entre Vaudoué et Noisy-sur-Ecole. Un second foyer existe, qui a ravagé 320 hectares, à « proximité immédiate de l’agglomération de Fontainebleau »