« Une pandémie ne permet pas en elle-même de justifier le droit de retrait »
Muriel Pariente, avocate spécialisée en droit social chez Ashurst
Les salariés d’agences bancaires qui continuent à se rendre sur leur lieu de travail peuvent-ils exercer leur droit de retrait ?
Cette question fait actuellement l’objet de beaucoup d’interrogations chez les salariés, et la réponse dépend de la mise en place des mesures sanitaires publiées sur le site du gouvernement par l’employeur. Car une pandémie ne permet pas en elle-même de justifier le droit de retrait. Si un salarié exerce son droit de retrait, il s’expose soit au refus de l’employeur de lui payer son salaire, soit à un licenciement pour abandon de poste. Si, par la suite, le salarié saisit les Prud’hommes pour contester l’une ou l’autre conséquence de l’exercice de son droit de retrait, ce sera aux juges d’apprécier chaque situation, au cas par cas.
Justement, y a-t-il un risque de contentieux dans le futur entre ces salariés qui ont été obligés d’aller travailler et leurs employeurs bancaires ? Dans le cas d’un salarié qui tombe malade par exemple ?
L’employeur est soumis à une obligation de sécurité pour ses salariés qui est une obligation de résultat. Dans le contexte actuel, les banques doivent respecter toutes les mesures sanitaires imposées par le gouvernement comme les « mesures barrières », mais on voit qu’en pratique, il y a des difficultés. Si un salarié saisit la justice pour attaquer son employeur, ce dernier devra démontrer qu’il a respecté toutes les mesures. Si un salarié décède du coronavirus après avoir été travailler, ou s’il contracte la maladie, on viendra chercher des responsabilités auprès de l’employeur mais aussi de l’Etat qui a demandé aux banques de poursuivre leur activité. Le salarié devra alors démontrer que son employeur n’a pas respecté les mesures barrières et, de ce fait, son obligation de sécurité. La banque ne pourra pas forcément être tenue pour responsable parce qu’elle a maintenu ses agences ouvertes.
Plus d'articles du même thème
-
Jerome Powell a su rester droit dans les tempêtes
Son mandat de président de la Fed se termine ce vendredi 15 mai. Il aura fait l’objet de critiques sur son biais plus «accommodant» en 2021. Des critiques cependant plus faciles a posteriori au vu de la complexité des chocs exceptionnels auxquels il a été confronté depuis 2020. Et que le banquier central a réussi à piloter en évitant les récessions. -
Le Japon doit gérer une relance économique sous contrainte démographique
Le rapport de l’OCDE sur l’économie japonaise recommande une politique de modernisation afin de stimuler la croissance et la productivité d’un pays vieillissant et en manque de main-d'œuvre. -
Le chômage atteint un plus haut de cinq ans en France, l'inflation est confirmée à 2,2%
Le taux de chômage a dépassé le seuil des 8% dans l'Hexagone mais demeure loin de son pic de 2015. L'accélération des prix en avril est confirmée.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Printemps franco-algérienDZ mafia, coopération judiciaire et Christophe Gleizes au programme de la visite de Gérald Darmanin à Alger
Le garde des Sceaux entend « revenir avec des informations et des noms » de profils dangereux du narcotrafic qui se sont mis à l'abri en Algérie -
Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas, a été tué lors d’une frappe israélienne
Samedi 16 mai, Israël a indiqué avoir tué, vendredi, par une frappe ciblée, Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas et l’un des responsables de l'attaque du 7-Octobre -
L’Iran affirme discuter avec des pays européens pour franchir le détroit d’Ormuz
« Des [pays] Européens ont entamé des négociations avec la marine des gardiens de la révolution » pour traverser le passage, a indiqué la télévision d’État iranienne. Les noms des pays concernés n’a pas été précisé et, pour l’heure, aucun pays européen n’a confirmé cette déclaration de Téhéran