Une étude dénonce le poids des frais d’incidents bancaires
Les frais bancaires pointés du doigt. Le magazine 60 millions de consommateurs a publié jeudi une enquête sur les frais bancaires aux côtés de l’Union nationale des associations familiales (Unaf) : selon les calculs avancés par l’enquête, ces frais génèrent un chiffre d’affaires annuels de 6,5 milliards d’euros et un bénéfice net de 4,9 milliards d’euros pour les banques.
En moyenne, précise le magazine et l’association, une banque prélève 34 euros de frais pour incidents par an sur l’ensemble de ses clients. Pour les clients en difficulté, la facture grimpe : «La note flambe pour atteindre 296 euros», assure le mensuel, qui souligne même qu’une «personne en difficulté sur cinq s’est vu prélever plus de 500 euros de frais d’incidents». Les Banques Populaires et BNP Paribas, avec respectivement 652 euros et 663 euros, présentent les frais moyens les plus élevés du secteur pour les clients en difficulté. La Banque Postale (LBP) est la moins chère (160 euros).
«Ils enfoncent le client»
L’étude se fonde sur les relevés de compte de près de 400 clients «lambda» et ceux de plus de 200 clients «en difficultés financières». Les frais facturés par les établissements bancaires en cas d’incident de paiement se multiplient : chèque sans provision, rejet de prélèvement, agios, dépassement de découvert ou encore commission d’intervention. «Régulièrement, l’industrie bancaire en invente de nouvelles ; dernière en date, la lettre d’avertissement pour compte débiteur, d’un montant de 12 à 20 euros et qui s’est généralisée», explique-t-on.
Depuis 2014, ces frais sont soumis à un plafonnement. Or, à l’exception de La Banque Postale, les banques se sont toutes alignées sur le montant maximum autorisé. En cas de rejet de chèque pour défaut de provision, par exemple, toutes sauf LBP réclament 30 euros pour un chèque de moins de 50 euros et 50 euros pour un montant supérieur.
«Les frais bancaires enfoncent le client dans un découvert non autorisé, et c’est encore plus difficile de repasser au-dessus de zéro», regrette Fabien Tocqué, coordonnateur économie, consommation et emploi à l’Unaf. Ce qui n’est pas sans incidence sur le budget des personnes en difficultés : «On se serre très fort la ceinture pour éviter de s’enfoncer encore plus», assure-t-il.
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