UBS et Credit Suisse doivent poursuivre leurs efforts sur leur bilan
Début mai, l’Autorité helvétique de surveillance des marchés financiers (Finma) imposait à Credit Suisse et UBS un ratio de levier respectif de 4% et 4,6% pour 2019. C’est donc logiquement que la Banque nationale suisse (BNS) a souligné, dans son rapport annuel de stabilité financière, l’urgence à renforcer ce ratio, qui mesure le rapport entre les fonds propres et le bilan.
La banque centrale note les progrès réalisés: alors que le ratio des deux établissements atteignait 2,3% à la fin du premier trimestre 2013, il s’établit un an plus tard à 3% pour Credit Suisse et 3,1% pour UBS. La dernière remplit donc les exigences internationales édictées par le Comité de Bâle (3,1%), tandis que la première n’en est pas loin. Mais c’est encore insuffisant pour la Finma, qui a fixé des règles prudentielles beaucoup plus sévères pour les banques «too big to fail» (dont la taille favorise un sentiment d’impunité).
Outre le ratio de levier, ces règles dites «TBTF» concernent le ratio common equity tier one. Là encore, les progrès sont significatifs: alors que les deux établissements devront détenir en capital réglementaire 13% de leurs encours pondérés du risque (RWA) en 2019, UBS affiche déjà 13,6% (contre 10,3% un an plus tôt), tandis que Credit Suisse s’en approche (12,2%, contre 10%).
Toutefois, la BNS leur recommande de ne pas abandonner leurs efforts, en particulier sur le ratio de levier. «Les risques macroéconomiques restent considérables et les pertes potentielles pour les grandes banques suisses demeurent importantes, comme le suggèrent nos hypothèses défavorables», indique la BNS. Credit Suisse serait par exemple particulièrement exposé à une dégradation de la qualité de crédit aux Etats-Unis, en raison de son exposition aux actifs immobiliers et structurés. Le régulateur a également identifié le risque de contrepartie (qui représentait 188 milliards de francs bruts fin 2013, hors instruments de couverture et collatéral) et le risque de baisse sévère des marchés actions. Le portefeuille de trading pèse 83 milliards chez Credit Suisse et 54 milliards chez UBS à fin mars 2014.
«Une comparaison internationale des ratios dresse un portrait inégal des deux établissements. Si leur ratio de capital pondéré du risque est supérieur à la moyenne, ce n’est pas le cas du ratio de levier. L’améliorer est d’autant plus vital que ce critère gagne en importance et peut faire l’objet d’une attention particulière du marché au cours d’une crise», conclut la BNS.
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