UBS augmente à son tour les rémunérations de ses dirigeants
Il n’est pas certain que cette décision fasse l’unanimité en Suisse. Alors que dans son rapport annuel consacré aux rémunérations, publié hier, UBS indique être en train de mettre en place la réglementation suisse sur le «say on pay», elle a accordé une généreuse augmentation à son directeur général Sergio Ermotti. Celui-ci a vu sa rémunération progresser de 21% en 2013, à 10,73 millions de francs suisses (8,85 millions d’euros): 8,23 millions au titre de la part variable (dont 87% sont différés) et 2,5 millions au titre de salaire fixe. En 2012, pour un salaire identique, le variable atteignait 6,37 millions de francs.
Mais les émoluments de Sergio Ermotti sont dépassés par ceux d’Andrea Orcel, le responsable de la banque d’investissement. Arrivé le 1er juillet 2012 en provenance de Bank of America, il a touché 11,43 millions de francs (9,4 millions d’euros), ce qui fait de lui le collaborateur le mieux payé d’UBS. De ce montant, 9 millions sont liés à la performance, dont 89% sont différés.
Le recrutement d’Andrea Orcel a donc coûté particulièrement cher à UBS. En 2012, le patron Sergio Ermotti était le mieux payé du groupe. Il était suivi par Robert McCann, patron de la gestion de fortune en Amérique, à 8,55 millions.
Au total, les membres du comité exécutif ont touché 82,4 millions en 2013, contre 72,1 millions un an plus tôt. L’argument derrière ces augmentations est le retour aux bénéfices de l’établissement helvétique, quand bien même le nom d’UBS apparaît dans de multiples litiges. Vendredi, les autorités de Hong-Kong ont rendu leur enquête sur la manipulation du Hibor (qui est l’un des volets des manipulations des taux de référence à l’échelle mondiale). Si UBS échappe à une sanction, l’enquête souligne que des traders de la banque ont bien tenté d’agir sur ce taux entre 2006 et 2009.
Les rémunérations continuent donc d’alimenter la polémique en Suisse – où le régulateur et l’opinion sont particulièrement sensibles au sujet – et ailleurs en Europe. Au Royaume-Uni, l’augmentation des bonus de 8% de Lloyds Banking Group en 2013 passe mal alors que l’établissement a été nationalisé fin 2008 pour le sauver de la faillite.
Si Barclays est restée indépendante, ses décisions d’accroître ses bonus de 13% dans la banque d’investissement alors que celle-ci a vu ses bénéfices reculer et de supprimer entre 10.000 et 12.000 postes font grincer des dents certains actionnaires.
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