Tesco apporte la dernière pierre à son édifice bancaire
Touché par un ralentissement de ses ventes à données comparables depuis plusieurs trimestres, Tesco lance une offensive dans le domaine bancaire. Le distributeur, qui a racheté en 2008 le solde du capital de la coentreprise qu’il détenait avec RBS, propose depuis hier un compte courant, dernière pierre d’un édifice qui comprend déjà les cartes de crédit, les prêts à la consommation, les crédits hypothécaires, l’assurance et l’épargne.
Le service en ligne fait l’objet d’une facturation mensuelle de 5 livres par mois à moins que le client ne dépose 750 livres au minimum. Côté rémunération, elle s’élève à 3% par an, versable chaque mois, pour un solde créditeur dans la limite de 3.000 livres. Par ailleurs, l’établissement, qui compte aujourd’hui 6 millions de clients, ne prélève pas de frais pour la mise en place d’une facilité de découvert mais ponctionne, en fonction de la somme avancée, à un taux annuel équivalent de 18,90%.
L’usage de la carte Visa associée au compte, que ce soit chez Tesco ou en dehors, génère bien entendu des points dans le cadre du programme fidélité maison (Clubcard). Tesco, qui compte 3.000 points de vente au Royaume-Uni, va ainsi pouvoir puiser en priorité dans ce vivier qui compte 17 millions de membres. De quoi minimiser ses coûts d’acquisition même si le groupe ne s’attend pas à ce qu’une telle activité soit rentable pour au moins quelques années.
Cette initiative montre que les comptes courants, perçus comme un bon moyen de capter le client pour lui proposer ensuite des services complémentaires (prêts immobiliers, produits d'épargne...) sont au cœur d’une bataille acharnée outre-Manche. Les challengers passent à l’action, alors que les «big five» - HSBC, RBS, Barclays, Lloyds et Santander UK - monopolisent les trois quarts des comptes courants. Marks & Spencer, dont le pôle bancaire a été cédé en 2004 à HSBC, commercialise lui aussi depuis le mois de mai un compte courant. Virgin Money et TSB sont également de la partie.
De son côté, le distributeur Sainsbury, qui a prévu de reprendre la moitié du capital de son activité bancaire auprès de Lloyds, doit encore travailler sa notoriété. La structure, qui ne propose ni compte courant ni produit hypothécaire pour le moment, n’est connue que par 23% de ses clients. Pour accélérer la recomposition du marché, parlementaires et régulateurs ont contraint les établissements à respecter un transfert de compte courant en seulement sept jours ouvrables.
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