Swiss Re estime à 11 milliards de dollars le coût maximum des inondations en Thaïlande
Les inondations qui ravagent le centre de la Thaïlande ont peu monopolisé l’attention des observateurs en France. Swiss Re estime pourtant qu’elles ont provoqué entre 8 et 11 milliards de dollars (entre 6 et 8,2 milliards d’euros) de dégâts assurés – en plus des pertes humaines (plus de 600 morts).
En ce qui concerne le réassureur suisse proprement dit, la facture atteint pour l’instant 600 millions de dollars (449 milliards d’euros) de dégâts assurés, nets de rétrocessions et avant impôts. Plusieurs analystes estiment que le groupe devrait rester bénéficiaire au dernier trimestre, mais que la catastrophe remet en cause la perspective d’un dividende à 2,75 francs suisses.
Le groupe rappelle qu’environ 1.500 usines ont été affectées. Le pays est l’un des poumons économiques de l’Asie du Sud-Est. C’est un important marché de sous-traitance, notamment pour les industries automobile et électronique. «En plus du coût humain, l’effet de ces inondations […] sera significatif et durable, explique Brian Gray, responsable des souscriptions pour Swiss Re. Elles ont provoqué la fermeture forcée de plusieurs parcs industriels importants. Les usines […] ont été incapables de fournir des pièces indispensables aux constructeurs automobiles internationaux ou aux fabricants de matériel électrique et électronique durant plusieurs semaines.»
Les pénuries frappent par exemple les disques durs, dont la Thaïlande est le deuxième producteur mondial après la Chine, et l’automobile (630.000 véhicules Toyota sont sortis des chaînes de montage thaïlandaises en 2010). Le constructeur japonais a dû arrêter la production de certaines usines aux Etats-Unis, certains composants faisant défaut.
Les parcs industriels sont assurés pour un montant total de 20 milliards de dollars, selon le Thai Office of Insurance Commission. La Thaïlande se distingue ainsi de l’Indonésie, dont le tsunami de 2004 avait causé des dommages assurés limités en comparaison du drame humain. Un écart de développement implique un écart de degré d’assurance. Munich Re et Allianz n’ont pas encore publié leurs estimations de pertes liées aux inondations.
Reste que l’année 2011 promet d’être coûteuse en catastrophes naturelles ou humaines, dans la plupart des régions du globe. Dernièrement, le Gema a estimé à 52 millions d’euros le montant des déclarations de sinistres relatives aux inondations du Sud de la France pour ses mutuelles adhérentes.
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