Pour la Commission européenne, la recapitalisation des banques bénéficiera à terme à l’économie
«Il est inexact de dire que le deleveraging des banques ne peut être réalisé qu’aux dépens du financement de l’économie réelle», a assuré la Commission européenne dans une communication publiée jeudi. Les nouvelles exigences en capitaux n’ont «pas eu d’impact significatif sur les coûts agrégés de financement et encore moins sur les taux de prêts», affirme-t-elle. Elle estime même que la corrélation entre capital et capacité de prêt est positive.
Entre mai 2012 et novembre 2013, le bilan des institutions financières a pourtant diminué de 10%, mais «une petite partie seulement» correspond à une réduction des prêts à l’économie, l’essentiel étant attribuable à la baisse de la valeur de marché des dérivés, des dépôts auprès de l’eurosystème et des prêts interbancaires. Fin 2013, seulement 31,4% des bilans bancaires correspondaient à des prêts aux entreprises et aux ménages. La Commission assure toutefois vouloir veiller à limiter l’impact du ratio de liquidité de court terme (LCR), dont le calibrage sera précisé d’ici à fin juin, sur le coût du crédit, tout en jugeant «négligeable son effet à long terme sur le PIB».
Au total, l’impact de l’ensemble des mesures quantitatives (capital, liquidité, bail-in et résolution) sur le coût des prêts bancaires s’élèverait à 18 points de base en Europe, selon une étude du FMI, et à 0,23% de PIB après 5 ans, selon l’OCDE. Mais l’amélioration de la résilience du secteur financier délivrerait un bénéfice largement supérieur, de 0,6 à 1,1% du PIB par an, soit 75 à 140 milliards d’euros, estiment les experts de la Commission.
Les coûts liés aux infrastructures de marché s’annonceraient minimes: quelques dizaines de millions d’euros. En revanche, les appels de marge supplémentaires induits par le règlement Emir absorberont à terme entre 6,3 et 8,3 milliards. Quant à la mise en place de MIF2, qui renforce les exigences de transparence et les conditions d’exécution des ordres, elle augmenterait les coûts opérationnels des banques de 0,1% à 0,15% au départ puis de 0,06% à 0,12% par an en vitesse de croisière. C’est peu, comparé aux bénéfices attendus des nouvelles règles contre les abus de marché (2,7 milliards d’euros par an).
La facture des amendes et des litiges financiers, class actions comprises, sera, elle, salée: une cinquantaine de milliards pour les six plus grandes banques impliquées dont 4 pour BNP Paribas et Société Générale, estime Bruxelles en se basant sur des études d’analystes.
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