Nouvelle étape dans la restructuration du système financier espagnol
Le gouverneur de la Banque d’Espagne Miguel Fernandez Ordonez a rappelé que le pays est «en pleine reconversion industrielle de son système financier», tout en annonçant de nouvelles fusions dans les prochains mois. Jeudi même, Banco de Valencia et Caixa Catalunya seront mises aux enchères.
Mais cette vente n’aura rien à voir avec les précédentes, estime Miguel Angel Bernal, professeur de l’Institut d’Etudes Boursières. «Jusqu’à maintenant, il y avait un système de protections d’actifs, qui garantissait que les entités achetées ne nuisent pas à la santé de leurs acheteurs», explique-t-il. Grâce à l’EPA, 80% des pertes dérivées d’un portefeuille d’actifs déterminés étaient garanties sur une période de 10 ans. Rompre avec ce système pourrait avoir des «répercussions sur le prix des prochaines opérations», selon l’expert.
Sans compter que les deux instruments destinés à aider au processus de restructuration du secteur sont pratiquemment épuisés. A l’origine doté de 9 milliards d’euros, le Fonds de restructuration du système financier (Frob) ne disposerait plus, selon Bloomberg, que de 300 millions dans ses réserves. Quant au Fonds de Garantie des Dépôts (FGD), il devra débourser quatre milliards supplémentaires pour recapitaliser Banco de Valencia y CaixaCatalunya, estime Cinco Días.
Selon des analystes de RBS, le Frob aurait été réticent à exploiter toutes ses capacités de captation de financement sur les marchés en levant 11 milliards contre un potentiel estimé entre 27 et 90 milliards d’euros. Le ministre de l’économie Luis de Guindos a rappelé que les aides du Frob n’étaient pas prévues dans le processus de vente des caisses d’épargnes, rappelant que c’est au secteur bancaire de s’en occuper, via le FGD. Actuellement, le fonds ne disposerait que de deux milliards d’euros, une quantité insuffisante pour faire face à ces deux prochaines opérations de fusion.
Cette situation pourrait «marquer une nouvelle étape dans la restructuration du système financier», souligne Miguel Angel Bernal. Selon lui, d’autres acteurs non-nationaux pourraient être amenés à entrer en scène, «ce qui obligerait à faire d’autres réformes», avec «un prochain démantèlement de ces entités pour créer une bonne banque et une mauvaise banque». Le gouvernement continue pourtant de marteler que le secteur devra assumer lui même son assainissement.
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