« Nous sommes un peu les gendarmes de la finance »
Sylvain Julien, 36 ans, compliance officer, Western Union
« Une partie de mon travail consiste à analyser les transactions identifiées par nos algorithmes comme potentiellement suspectes. Je dois m’assurer que les règles de conformité mises en place par le groupe sont bien respectées, et que l’opération n’entre pas dans le cadre du blanchiment de capitaux ou du financement du terrorisme. Lorsque c’est le cas, je dois transmettre à Tracfin une déclaration de soupçons. Je consacre aussi une bonne partie de mon temps à la gestion de projet sur plusieurs grands chantiers liés à la conformité et au réglementaire. Nous sommes par exemple en train de renforcer un outil qui va nous permettre d’affiner l’identification des signaux faibles d’activité suspecte.
Ce que j’aime dans ce travail, c’est que nous sommes un peu les gendarmes de la finance. Nos analyses et déclarations de soupçons ont une vraie utilité publique car elles peuvent déboucher sur des perquisitions et des arrestations qui vont porter un coup fatal à des cellules de financement du terrorisme. J’aime aussi ce jeu du chat et de la souris avec les fraudeurs. Ces derniers font en effet preuve de beaucoup d’imagination pour passer sous les radars. Ils déploient aujourd’hui des stratégies multicanal et internationales en utilisant des comptes bancaires de néo-banques, des moyens électroniques de paiement ou des plates-formes de crowdfunding, de type cultuels, qui sont devenues l’antichambre du financement du terrorisme pour des associations radicalisées. Il faut donc être en permanence vigilant afin de détecter de nouveaux schémas qui pourraient être suspicieux. »
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