Naxicap brave les mauvaises conditions pour reprendre le Groupe Bertrand
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur de la désertion des banques à l’égard des prêts à effet de levier, les acteurs du capital-investissement tentent d’animer le marché. Naxicap, qui vient d’englober la société de gestion Atria Capital Partenaires (comme l’avait révélé L’Agefi du 8 décembre), aurait ainsi signé la semaine dernière l’acquisition de la participation de 36% que détenait L Capital depuis 2006 dans Groupe Bertrand. Les protagonistes n’étaient pas joignables en début de semaine pour commenter l’information, parue lundi dans Les Echos.
La valeur d’entreprise de la société, qui possède notamment la brasserie Lipp, la chaîne Bert’s et plusieurs franchises Quick, oscillerait entre 120 et 140 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires d’environ 130 millions. Le dirigeant Olivier Bertrand resterait majoritaire.
Selon le quotidien, la transaction aurait été partiellement financée par une dette d’acquisition apportée par les créanciers existants. Le montage de 2006 avait été arrangé par la Société Générale pour ce qui concerne la dette senior et Capzanine pour la tranche mezzanine. Ceci expliquerait sans doute le succès de l’opération, la banque connaissant parfaitement le dossier.
Autrement, le marché des financements de LBO en Europe traverse une passe difficile depuis la crise de la dette souveraine. En y ajoutant les niveaux minimum de fonds propres et de liquidité exigés par les futures normes de Bâle 3, ainsi que les craintes de récession pour 2012, l’essentiel de l’activité pour les transactions nécessitant plus de 100 millions d’euros de dette a été progressivement gelé –ou est en tout cas devenu très difficile.
Les établissements français comme BNP Paribas, la Société Générale et le Crédit Agricole ont par exemple tous annoncé au cours du dernier trimestre qu’ils privilégieraient désormais le modèle «origination-distribution», à l’instar des banques d’affaires américaines: ce modèle consiste à syndiquer les prêts de LBO auprès d’autres banques ou de fonds de dettes, pour ne plus les porter sur son bilan.
Vendeurs et acquéreurs se regardent en chiens de faïence. Par exemple, si les trois propositions pour racheter Tokheim à Cognetas étaient financées, aucunes d’elles n’a pu atteindre le montant espéré par le gérant, les banques des candidats repreneurs rechignant à s’engager davantage qu’elles ne le faisaient. La société de gestion a ainsi décidé début décembre de conserver la société.
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