Natixis échappe à la crise russe
Le conflit entre la Russie et l’Ukraine a laissé Natixis quasiment indemne. La banque de grande clientèle de BPCE n’a passé au premier trimestre qu’une provision de 69 millions d’euros liées à des contreparties russes et ukrainiennes, contribuant à faire augmenter son coût du risque de 11,4%, à 56 pb.
L’exposition directe du groupe BPCE (nette de garantie) aux deux pays de l’Est reste, dans son ensemble, limitée, à 808 millions d’euros au 31 mars 2022 (dont 770 millions d’euros pour la Russie). «Dans cet environnement instable marqué par le risque géopolitique et la hausse des taux, nous maintenons une politique de provisionnement prudente», explique le directeur général du groupe Laurent Mignon.
Une exposition limitée
Outre la provision liée aux contreparties russes et ukrainiennes, BPCE a ainsi passé une provision additionnelle de 140 millions d’euros pour couvrir des risques futurs sur des encours de crédits de stages 1 et 2 (c’est-à-dire les plus sains). Son coût du risque ressort en baisse de 13,5% à 21 pb (soit 424 millions d’euros). Alors que la Société Générale a révisé la semaine dernière sa prévision à la hausse pour le coût du risque pour l’année 2022 à plus de 30 pb, du fait de son exposition à la Russie via Rosbank mais aussi son portefeuille offshore, BPCE estime de son côté que son coût du risque sera compris entre 20 et 25 pb.
Le résultat net de BPCE ressort en hausse de 43%, à 785 millions d’euros. Laurent Mignon a salué «la bonne performance de la banque de grande clientèle et de la gestion d’actifs, malgré la dégradation des conditions de marché». Le pôle Global Financial Services, qui regroupe désormais les activités de gestion de fortune, d’actifs et de banque de grande clientèle de Natixis, a vu son produit net bancaire progresser de 4,6%, à 1,7 milliard d’euros. Son résultat avant impôt est en légère baisse (-4,3%) à 430 millions d’euros. Comme ses pairs, la banque de grande clientèle a profité de la volatilité des marchés, en particulier sur les produits de change. Son PNB s’inscrit en hausse de 4,% à 971 millions d’euros. Natixis mise sur «une stratégie sélective», a souligné Nicolas Namias, directeur général de Global Financial Services. Dans les métiers actions, elle a notamment mis l’accent sur les dérivés, tandis que son activité de financement est orientée vers huit secteurs clefs, dont les infrastructures et le secteur énergétique. «Nous visons une trajectoire soutenable de croissance, sans volatilité», a-t-il ajouté. Natixis n’est donc pas un acteur du prime brokerage, comme BNP Paribas ou la Société Générale.
Hausse des rémunérations variables
La guerre des talents qui fait rage de part et d’autre de l’Atlantique est «un sujet réel», a précisé Nicolas Namias, l’arrivée des banques américaines à Paris étant «un aiguillon, mais pas le seul facteur». «Le phénomène est mondial», a-t-il ajouté, et conduit les banques à revoir les rémunérations «mais aussi les conditions et les espaces de travail». Contrairement à l’an dernier, Natixis anticipe un niveau de rémunération variable élevée, ce qui contribue à une dégradation de deux points du coefficient d’exploitation de la banque de grande clientèle. «Nous n’avions pas anticipé beaucoup de charges sur la rémunération variable au premier trimestre 2021 en raison de la crise, nous revenons à un niveau cohérent en 2022», a expliqué Laurent Mignon.
Plus d'articles du même thème
-
Vanguard confie à T. Rowe Price la gestion de trois fonds actions
Deux équipes d'investissement distinctes de T. Rowe Price sont concernées. -
Future Group noue un partenariat d'investissement en infrastructures mondiales
Le fonds de superannuation australien a sélectionné un gérant pour investir dans une de ses stratégies de partenariats public-privé avec un biais responsable. -
Bridgepoint poursuit sa diversification avec le rachat de Kayne Anderson Real Estate
L’opération valorise le gérant immobilier américain autour de 1,4 milliard de dollars. Elle portera les actifs de la société d’investissement à 117 milliards de dollars.
ETF à la Une
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
Sébastien Lecornu tire un premier bilan de la canicule historique
Le premier ministre a dressé lundi un premier bilan contrasté de la canicule historique, saluant la résilience des services publics mais pointant la fragilité des plus isolés et des hôpitaux face à un risque climatique désormais permanent -
Mirage
Présidentielle : des Français sans illusions
Près de deux Français sur trois ne croient pas que les scrutins présidentiels, puis législatifs permettront au pays de retrouver des repères politiques stables. Selon eux, le travail et l'entreprise ont un rôle à jouer pour « faire société » -
Sondage exclusifValeurs, repères républicains, principes... : « Le sentiment d’une fuite en avant traverse la société française »
A l'occasion des Rencontres économiques d'Aix, les 2, 3 et 4 juillet, dont le thème général est « naviguer dans un monde sans repères », un sondage Odoxa pour Comfluence sur les repères dans la société française révèle que 62 % des Français ne croient pas que 2027 permettra de rétablir des repères politiques stables