National Australia Bank est rattrapée par les ventes abusives au Royaume-Uni

Via sa filiale britannique, Clydesdale and Yorkshire, NAB a doublé ses provisions et n’est pas capable de mesurer l’ampleur finale des scandales
Antoine Landrot

La vente abusive de contrats d’assurance-emprunteur, ou PPI (pour payment protection insurance) sera le scandale le plus coûteux qu’ait jamais connu le secteur bancaire britannique. Sans compter les cas d’autres produits financiers toujours en cours d’instruction. Toutes les banques ayant une activité outre-Manche sont potentiellement exposées.

A l’occasion de la publication de ses comptes du troisième trimestre (clos le 30 juin), National Australia Bank (NAB) a indiqué qu’elle passerait «au moins» 75 millions de livres (94 millions d’euros) de nouvelles provisions d’ici à la fin de son exercice (clos le 30 septembre), pour couvrir de futurs dédommagements relatifs aux PPI. Au premier semestre de son exercice, NAB a déjà mis de côté 126 millions de livres.

A cela s’ajoutent un minimum de 170 millions de provisions à prévoir pour couvrir d’éventuels litiges liés à la vente abusive de contrats de couverture de taux d’intérêt; ce montant représente plus du double des 152 millions déjà passés depuis le début de l’exercice. Le montant total de réserves supplémentaires relatives aux différends entre NAB et sa clientèle sera donc d’au moins 245 millions pour l’exercice annuel en cours. Mais ses dirigeants admettent être dans l’incapacité d’évaluer l’impact ultime des litiges.

NAB est exposée à cette série de scandales à travers sa filiale britannique, Clydesdale and Yorkshire, un établissement de taille moyenne. Ces nouvelles ont été d’autant plus mal prises que certains analystes pensent que le gonflement des provisions et surtout l’incertitude sur leur montant final pourrait contrarier le projet de cession de la filiale, en dissuadant d’éventuels acquéreurs ou en réduisant le montant des offres.

Les autres établissements britanniques ne sont pas en reste. Au titre de leurs résultats du deuxième trimestre, Lloyds Banking Group, Barclays et Royal Bank of Scotland ont toutes augmenté leurs provisions contre le risque juridique lié aux PPI, notamment en raison d’un accroissement récent des plaintes de consommateurs pour des sinistres relatifs à des polices souscrites avant 2005. Le montant total des provisions passées par les principaux prêteurs dépasse 4,4 milliards de livres depuis le début de l’année, alors qu’ils ne s’étaient acquittés que de 1,2 milliard de livres de dédommagements à la date du 30 juin. La facture depuis le début du scandale se monte à 22 milliards de livres (dont 10 milliards pour Lloyds).

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