Munich Re fait mieux que prévu mais reste prudent pour 2011
Munich Re a relevé mardi sa prévision de bénéfice net pour l’année, à 2,4 milliards d’euros, mais a prévenu qu’il sera difficile de tenir ce niveau l’an prochain.
Le réassureur allemand a battu le consensus au troisième trimestre en réalisant un bénéfice de 764 millions d’euros contre 643 millions à la même période de l’an passé. Cette amélioration s’explique en partie par une baisse des sinistres qui a ramené son ratio combiné en réassurance à 93,8%, en nette amélioration par rapport aux trimestres précédents, marqués par le tremblement de terre au Chili. Toutefois, entre janvier et fin septembre le ratio combiné dans la réassurance s'établit à 102,1%, ce qui signifie que le groupe a subi des pertes dans ce secteur.
Mais elles ont été plus que compensées par les revenus tirés des placements financiers dont la part du lion, quelque 174 milliards d’euros, est constituée d’obligations d’Etat et d’autres titres à revenus fixes. Alors que les obligations de l’Etat allemand (Bund) ne rapportent guère plus que 2,5%, Munich Re vient de relever son retour sur investissements de 4% à 4,5%. Une décision «surprenante» , estiment les analystes de Raymond James Euro Equities.
Cet ajustement expliquerait le relèvement des prévisions pour l’ensemble de l’année. Le groupe a d’ores et déjà réalisé au cours des neuf premiers mois les 2 milliards d’euros de résultat net initialement prévu pour 2010. «Il y a de bonnes chances que nous puissions atteindre un résultat consolidé de ce niveau (ndlr: 2,4 milliards)» a déclaré Jörg Schneider, directeur financier du groupe. Munich Re resterait cependant en deçà des 2,56 milliards réalisés l’an dernier.
En 2011 ce résultat exceptionnel ne devrait pas être atteint non plus. Le groupe anticipe au contraire un résultat consolidé «en légère baisse» pour l’année prochaine et prévoit un contexte plus difficile pour le rendement de son portefeuille qui devrait revenir à 4% à moyen terme. «Ce recul ne manquera pas d’avoir un impact sur les résultats de l’ensemble du groupe l’année prochaine» avertit le directeur financier. Munich Re ne pourra pas non plus compter sur une hausse des primes. Le renouvellement des contrats, actuellement en cours, laisse présager un montant de primes de 23 à 24 milliards d’euros pour la réassurance et de 17 à 18 milliards pour l’assurance primaire.
Plus d'articles du même thème
-
Banijay met une pièce supplémentaire dans la machine à acquisitions
Le groupe de divertissement et de jeux d’argent veut mettre la main sur un réseau de casinos en France en rachetant JOA qui a réalisé un chiffre d’affaires de 430 millions d’euros l’an dernier. -
Milleis nomme un directeur général délégué
La banque privée rachetée par LCL en avril dernier accueille Olivier Chatain, l'ancien responsable du pôle stratégie, juridique et transformation du Groupe Indosuez. -
Goldman Sachs AM nomme James Peagam co-responsable Asie-Pacifique
Goldman Sachs mise sur James Peagam pour renforcer sa présence en Asie-Pacifique
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Les actions coréennes approchent du bear market
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Audace« Un grand bond en avant » : le plan de la Corée du Sud dans la course de l'IA
Refusant d'être les spectateurs de la prochaine révolution industrielle, l'Etat et les grandes entreprises du pays se sont entendus pour créer un pôle entièrement dédié à l'intelligence artificielle -
Tribune libre« La loi anti-fast fashion marque l’entrée de nos économies dans l’ère des limites »
La loi anti-fast fashion reste perfectible, notamment sur son périmètre et sa mise en œuvre. Mais sa portée dépasse son contenu juridique, juge Elisabeth Denner, associée chez BearingPoint -
IdentitésCeux qui veulent que la France ne meure pas
De Gaulle avait compris qu'un chef d'Etat ne dirige pas une tribu contre une autre. Il rassemble, ou il n'est rien