Monte dei Paschi paye sa politique de couverture passée
Monte dei Paschi di Siena (MPS) et Nomura se sont livrés à une guerre de communiqués hier, alors que l’action de la banque italienne a perdu jusqu’à 6,4% (à 0,275 euros) suite à la publication d’un article d’Il Fatto Quotidiano faisant état d’une perte de 220 millions d’euros, causée par des produits dérivés que son homologue japonais lui a vendu en 2009.
Selon le quotidien transalpin, l’équipe dirigeante actuelle de MPS aurait découvert au mois d’octobre l’existence de ce contrat, passé par les anciens dirigeants de l’établissement. Ces derniers ont cherché à couvrir d’éventuelles pertes sur un dérivé adossé à des créances hypothécaires titrisées à l’aide d’un dérivé encore plus risqué.
Le groupe italien a réagi le matin même en expliquant que ce produit –baptisé Alexandria– faisait partie d’une série de contrats signés au cours des années précédentes. Ceux-ci sont en cours d’examen depuis plusieurs mois. Le 28 novembre dernier, MPS avait décidé d’augmenter de 500 millions sa demande d’aide auprès de l’Etat italien (pour la porter à 3,9 milliards d’euros), évoquant de possibles pertes en fonds propres provoquées par d’anciennes transactions de produits structurés. On peut donc imaginer que la banque estime à ce montant la perte potentielle maximale. Selon Il Fatto Quotidiano, la perte devrait affecter les comptes 2012 de MPS.
Nomura s’est défendu hier en indiquant que la direction de MPS, dont l’ancien président Guiseppe Mussari, ainsi que KPMG, le cabinet d’audit de la banque, avaient «examiné scrupuleusement et approuvé» la signature du contrat incriminé. «Nomura fait partie des banques qui ont été approchées pour réduire le risque des positions détenues que MPS avait acquis précédemment de Dresdner», établissement allemand acquis par Commerzbank en 2009, a précisé le groupe japonais. Une affirmation que MPS a immédiatement réfutée.
Les contrats défaillants n’impliquent pas uniquement Nomura. La semaine dernière, Bloomberg avait révélé que MPS aurait essuyé des pertes sur un contrat de dérivés, le «Projet Santorini», signé en décembre 2008 avec Deutsche Bank, alors que la crise financière battait son plein. Dans son communiqué, MPS a précisé que l’étude des actifs en cause devrait être remise à ses dirigeants dans le courant du mois de février.
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