Monte dei Paschi au pied du mur pour son augmentation de capital
Banca Monte dei Paschi di Siena (MPS) va devra sortir du bois. Sauvée l’an dernier par les pouvoirs publics, la banque italienne a implicitement reconnu hier qu’elle pourrait lever davantage que les trois milliards d’euros prévus. Sans confirmer les 5 milliards d’euros évoqués lundi soir par l’agence de presse italienne Ansa, MPS a déclaré qu’elle évalue actuellement le montant qui lui sera nécessaire: la troisième banque de la péninsule doit rembourser cette année ses 4,1 milliards d’euros d’aide publique, tout en prenant en compte la revue des actifs des banques européennes.
Sur ce volet, MPS est actuellement en discussions avec la Banque d’Italie. L’examen mené sous l’égide de la Banque centrale européenne a déjà conduit ses compatriotes UniCredit et Intesa SanPaolo à passer de lourdes provisions sur leurs portefeuilles de prêts. Le ratio de prêts non performants des banques italiennes atteint 8,5% en février, au haut depuis fin 1998, a annoncé hier l’association représentative du secteur.
Prévue en mai, l’augmentation de capital de MPS pourrait être repoussée à juin ou plus tard. Les marchés ont peu apprécié la demi-annonce d’hier. MPS a perdu jusqu’à 10% en séance, entraînant l’interdiction de la vente à découvert de ses titres. La capitalisation boursière avoisine 2,6 milliards d’euros, bien loin de ses 4,5 milliards d’euros de fonds propres tangibles (hors minoritaires). La banque affiche un ratio de fonds propres durs de 9,89%, mais de seulement 6,4% en appliquant totalement Bâle 3. «Les règles transitoires de Bâle 3 en 2014 offrent une vision très inexacte de la solidité du capital», écrit Alberto Cordara, analyste chez BoA-Merrill Lynch qui cite «les aides d’Etat comptabilisées dans les fonds propres de base», alors que les pertes sur les obligations souveraines disponibles à la vente (AFS) en sont «exclues».
Eclaboussée par divers scandales, MPS devra convaincre les investisseurs également sollicités par ses compatriotes. Alors que la Banque d’Italie estime les besoins totaux du secteur entre 10 et 15 milliards d’euros, Banco Popolare vient de lever 1,5 milliard. L’américain BlackRock est devenu son premier actionnaire, rôle qu’il a endossé aussi depuis peu chez MPS (à 5,75%) et UniCredit. «L’appétit des investisseurs pour l’Italie est au plus haut niveau de ces dernières années (rétrécissement significatif des spreads souverains), bien que la reprise économique du pays doive encore se manifester concrètement», prévient BoA-Merrill Lynch.
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