Moneo Applicam bouscule le marché français des titres-restaurants
En annonçant hier le lancement de la «première carte titres-restaurants en France», baptisée Moneo Resto, Moneo Applicam a suscité une vive réaction au sein du secteur. «La profession interpelle les pouvoirs publics: la dématérialisation des titres-restaurants doit passer par la concertation et le changement de la loi», a déclaré l’Association professionnelle des émetteurs de titres de services (APETDS), qui regroupe les principaux acteurs du marché (Edenred, Chèque Déjeuner, Natixis Intertitres et Sodexo).
Les professionnels souhaitent notamment une clarification sur différents points soulevés par le passage du ticket-restaurant au numérique, à l’image des plages horaires ou du périmètre d’utilisation.
«Nous sommes en totale conformité avec la loi qui s’applique aux titres-restaurants ainsi qu’avec la réglementation bancaire. La carte sera émise par la Société financière de porte-monnaie électronique interbancaire (SFPMEI) et garantie par Mastercard. Moneo Resto sera par ailleurs surveillée par le dispositif de la Banque de France», a réagi Serge Ragozin, directeur général de Moneo Applicam.
Le terrain de jeu est de taille. «Ce marché représente 3,5 millions de bénéficiaires et 5,5 milliards d’euros de volumes d’émission», a expliqué Serge Ragozin, directeur général de Moneo Applicam. «Nous visons 10% de parts de marché d’ici à 2017 sur ce segment qui croît de 2 à 3% par an et devrait atteindre 6 à 6,5 milliards d’euros à cet horizon».
Moneo Resto, disponible en janvier 2013, sera compatible avec l’ensemble des terminaux de paiements bancaires. Pour les entreprises, cette carte, créditée automatiquement à chaque fin de mois, vise à une simplification du processus, à plus de fiabilité via la suppression des risques de vols et à des économies. «Nous serons environ 20% moins cher que l’ensemble des émetteurs actuels», a relevé Serge Ragozin. Côté restaurateurs, «le remboursement automatisé évitera le comptage, les envois et les risques de perte. Il sera réalisé à J+2, là où les délais avoisinaient les trente jours auparavant», a indiqué le dirigeant.
«Moneo Resto devrait représenter environ 600 millions d’euros d’activité d’ici cinq ans et un tiers de l’activité de Moneo Applicam», a estimé Serge Ragozin. En 2011, la société a enregistré 600 millions d’euros de volumes d’affaires.
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