Michel Barnier s’inquiète du projet américain sur la solvabilité des banques
En déplacement à Washington à la fin de la semaine dernière, le commissaire européen en charge des services financiers s’est élevé contre le projet de la Réserve fédérale américaine de relever les exigences en capitaux bancaires pour augmenter leur capacité de bail-in. Les Etats-Unis souhaitent mettre le sujet d’un ratio de dette capable d’absorber des pertes à l’ordre du jour de la réunion du G20 à Brisbane en Australie en décembre.
«Avant de prendre des mesures supplémentaires pour les grandes banques, il faut une étude d’impact», a déclaré Michel Barnier à L’Agefi. Il faut «éviter la situation où, comme pour la liquidité, nous avons adopté rapidement des ratios avant de nous apercevoir ensuite qu’ils auraient des conséquences fâcheuses sur le financement de l’économie», a-t-il dit. «Ce sera une question centrale dans les prochains mois», juge une source européenne pour qui la Réserve fédérale n’a pas renoncé à son projet de doubler le capital disponible autour de 20%. Selon des responsables européens, les banques d’affaires américaines soutiendraient ce projet de la Réserve fédérale car il renforcerait la protection des créanciers senior.
Comme lors des débats sur la CRD4, les Européens sont divisés, Londres et Berlin ne voyant pas d’un mauvais œil le Comité de Bâle reprendre l’initiative, alors que Paris, Rome et Madrid veulent donner la priorité à la mise en œuvre de la directive sur la résolution (BRRD) qui prévoit l’introduction de nouvelles règles de bail-in en 2016 et laisser au superviseur européen le soin de relever au cas par cas les exigences en capitaux.
Michel Barnier, qui effectuait sa neuvième visite Outre-Atlantique en cinq ans, a également plaidé pour inscrire dans le traité transatlantique (TAFTA) en négociation «l’affirmation politique que nous avons une obligation de résultat» en matière de régulation financière. «Si l’on veut réussir le TAFTA, il faut que les services financiers, qui sont à la base de nos échanges, soient interopérables», a-t-il expliqué, toute en rappelant que le travail technique de substance actuellement confié à des forums ad hoc devait rester hors du champ du traité. Le Département du Commerce a jusqu’à présent accusé une fin de non recevoir à cette demande. Les besoins de coordination restent toutefois immenses comme l’atteste le lancement d’une «coopération technique» entre la Commission européenne et la FDIC (Federal Deposit Insurance Corportation) sur la résolution de banques implantées de part et d’autre de l’Atlantique.
Plus d'articles du même thème
-
Principal AM nomme un chargé de la distribution pour l’Europe et les Etats-Unis
La société de gestion américaine Principal Asset Management a nommé JJ Wilczewski en qualité de responsable de la distribution pour l’Europe et les Etats-Unis. Il était précédemment directeur de la couverture clients dans les Amériques et responsable des relations avec les consultants au sein de DWS, où il a passé 12 ans. JJ Wilczewski a également travaillé chez Aon, Wilshire Associates et Van Kampen Investments. -
La victoire de Lula fait vaciller les marchés brésiliens
Le président brésilien sortant a battu Flavio Bolsonaro à la surprise générale avec 51,8% des suffrages. Les investisseurs avaient parié sur la victoire du fils de l’ancien président, plus pro-marché. Le real chute de 9% face au dollar et la Bourse de 14%. -
Les entreprises payent plus cher leurs émissions obligataires
Les transactions ont repris la semaine passée sur le marché primaire euro. La demande est là mais exige d'être rémunérée pour un niveau de risque jugé plus élevé.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose