Mastercard veut devenir un pilier de l’open banking
La vocation européenne de la deuxième directive sur les services de paiement (DSP2) n’est pas une entrave pour les acteurs internationaux. La preuve : Mastercard vient d’annoncer au salon Money 2020 qui se tient à Amsterdam du 4 au 6 juin, le développement pour 2019 de services destinés à renforcer la sécurité et la fluidité des relations entre banques et prestataires tiers, dans le cadre de l’open banking. Les fournisseurs tiers, agrégateurs de comptes et initiateurs de paiement selon la DSP2, peuvent accéder aux comptes bancaires des particuliers à condition d’avoir leur consentement et d’être agréés dans leur pays d’origine. Mais l’annuaire européen en cours de construction par l’Autorité bancaire européenne n’est pas encore opérationnel. Ce sont donc les autorités nationales qui peuvent éventuellement maintenir à jour la liste des acteurs agréés dans leur pays.
Surveillance antifraude et résolution des litiges
Mastercard joue donc la carte européenne en proposant dès 2019 un annuaire paneuropéen en temps réel des prestataires tiers afin de garantir aux banques la légitimité des tiers qui souhaitent accéder aux comptes de leurs clients. De plus, le groupe compte capitaliser sur son expertise en lutte contre la fraude en offrant également un service de surveillance antifraude qui sera en mesure d’alerter les banques sur les anomalies de comportement des acteurs tiers et qui leur permettra d’évaluer ces prestataires. De même, Mastercard veut aussi offrir un mécanisme de résolution des litiges, notamment lorsque des particuliers contestent certains paiements réalisés sur leur compte : il compte élaborer un système de règles et une plate-forme de communication semblables à ceux mis en place pour la carte bancaire. Enfin, le groupe lancera une plate-forme de connectivité entre les API (interfaces de programmation) des banques, quels que soient les standards utilisés, et les prestataires tiers afin de faciliter les liaisons.
«Nous souhaitons ainsi solidifier l’écosystème et offrir un environnement sécurisé bon pour les consommateurs, pour les banques et pour les prestataires de paiement», explique Jason Lane, vice-président exécutif, en charge du développement en Europe pour Mastercard. L’opérateur montre surtout qu’il veut prendre plus d’ampleur dans les paiements, au-delà de la carte. L’acquisition en mai 2017 de Vocalink, opérateur de paiement instantané au Royaume-Uni, n’était qu’une première étape.
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