Marguerite Bérard, la patronne des réseaux France, quitte BNP Paribas
Encore un départ surprise dans le monde de la banque. Marguerite Bérard, membre du comité exécutif de BNP Paribas et directrice de la banque commerciale en France, quitte la première banque de la zone euro pour poursuivre, dit-elle dans un communiqué, «de nouveaux projets professionnels» en dehors du groupe.
Enarque, issue de la même promotion Senghor que le président Macron, inspectrice des finances, Marguerite Bérard a effectué la première moitié de sa carrière dans la haute fonction publique comme conseillère sur les questions sociales auprès du président Nicolas Sarkozy entre mai 2007 et fin 2010. En 2011 et 2012, elle a dirigé le cabinet du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, Xavier Bertrand. Elle avait ensuite rejoint le groupe BPCE, pour prendre la responsabilité de la stratégie au sein de la direction générale du groupe, avant d’en devenir numéro deux en charge des finances et de la stratégie en 2016.
Une énarque pur jus
Annoncé en 2018, son départ pour le groupe BNP Paribas, où elle n’occupait plus de position de numéro deux comme chez BPCE, mais disposait d’un siège au comité exécutif, avait à l’époque surpris sur la place de Paris. Marguerite Bérard avait d’abord été pressentie pour prendre la tête de la Caisse des dépôts. Un poste finalement décroché par Eric Lombard, ancien PDG de Generali France. Le mandat de ce dernier à la CDC, renouvelé en janvier 2023, court encore pour deux ans jusqu’en mai 2026 où il sera touché par la limite d’âge.
Marguerite Bérard continuera-t-elle sa carrière en dehors du secteur de la banque, à l’image de Frédéric Oudéa, l’ex-patron de la Société Générale, ou de Laurent Mignon, qui a quitté BPCE pour Wendel ? Elle quitte en tout cas la tête de la banque commerciale en France de BNP Paribas, à un moment charnière où la remontée rapide des taux bouscule la banque de détail, ce qui se ressent sur la marge nette d’intérêt. Le groupe a d’ailleurs annoncé cette semaine 400 millions d’euros d'économies supplémentaires en 2024.
A lire aussi : BNP Paribas taille dans ses coûts pour donner des gages aux investisseurs
Dans le cadre du plan stratégique du groupe à horizon 2025, la dirigeante a œuvré pour développer le fonds de commerce sur les métiers entreprises et banque privée, et ainsi diversifier le business mix.
«La direction générale salue l’engagement constant de Marguerite Bérard au service du développement des activités de la banque commerciale en France et sa contribution au comité exécutif du groupe», mentionne sobrement le communiqué.
Plus d'articles du même thème
-
Amundi et Banco Sabadell prolongent leur partenariat jusqu’en 2035
En 2020, la banque espagnole et la société de gestion française avaient signé un partenariat stratégique d’une durée de dix ans. -
André Lévy-Lang, l'homme qui voulait que la science serve le monde
Avec la disparition d'André Lévy-Lang, à l'âge de 88 ans, s'éteint une figure singulière de la finance française, un homme qui aura su conjuguer exigence intellectuelle, rigueur scientifique et vision du bâtisseur, se souvient Marie Brière, directrice générale de l'Institut Louis Bachelier. -
Les perspectives des banques françaises s'assombrissent
Les résultats financiers des banques françaises ont été très solides au premier semestre. Pour autant, il n’y a pas de quoi pavoiser selon Fitch Ratings qui maintient une perspective négative sur le secteur pour 2026. En cause : plusieurs facteurs de risques auxquels le Crédit Mutuel Alliance Fédérale apparaît plus exposé que les autres.
ETF à la Une
AllianzGI devient un nouvel émetteur d’ETF sur SIX Swiss Exchange
Contenu de nos partenaires
-
Série d'étéMoi, Alexandre Jardin, président : « Je rendrais le pouvoir »
SERIE. A la demande de l'Opinion, l'écrivain se glisse dans la peau du locataire de l'Elysée et liste ses premières décisions. -
Le business du snobisme « so british »L’exposition d’été de la Royal Academy, les coulisses très privées du gotha de l'art
SERIE. Toute la semaine, notre chroniqueur d'Outre-manche Marc Roche croque le business du snobisme à la sauce british. -
ExceptionItalie : pourquoi le Sud-Tyrol continue à faire des enfants
Grâce à sa richesse, ses services publics et un marché du travail favorable aux familles, la province autonome de Bolzano résiste mieux au déclin démographique que le reste de la péninsule