Malakoff Médéric se prépare aux mutations de l’assurance santé collective

Le groupe paritaire déploie une stratégie de services et de valeur ajoutée. La généralisation de la complémentaire santé en entreprise va dégrader les marges
Antoine Duroyon
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Malakoff Médéric affiche sa confiance. Le groupe paritaire de protection sociale a bouclé un exercice 2013 marqué par une croissance soutenue de son chiffre d’affaires récurrent (+ 4,6% à 3,5 milliards d’euros), tout particulièrement en santé (+9,9% à 1,7 milliard d’euros). Le résultat net ressort à 172 millions d’euros (192 millions en 2012), compte tenu d’une hausse d’impôt de 39 millions, et le ratio combiné à 99,2%.

«Sur un marché de l’assurance collective compliqué avec des coûts d’acquisition à perte sur le segment des grandes entreprises, il est difficile de faire de la croissance sans dégrader les résultats, explique Guillaume Sarkozy, délégué général de Malakoff Médéric. Notre stratégie passe donc par de la valeur ajoutée et des services, via la constitution de réseaux de soins, de la prévention, du dépistage, du coaching et de l’optimisation des garanties.»

Malakoff Médéric se prépare à la mise en œuvre de l’Accord national interprofessionnel (ANI) au 1er janvier 2016. Le groupe identifie deux gisements de chiffre d’affaires : 3 milliards d’euros découlant de la généralisation de la complémentaire santé à tous les salariés dans les entreprises sans contrat collectif et 4 milliards remis en jeu à la suite de l’interdiction des clauses de désignation.

L’impact sur le marché reste la grande inconnue. «La marge se situe davantage au niveau de l’assurance santé individuelle que collective. L’entrée en vigueur de l’ANI va globalement entraîner une concurrence par les prix et donc une baisse des marges, analyse Guillaume Sarkozy. Mais au-delà de l’ANI, le marché va être touché par une combinaison de facteurs: la fiscalité, les contrats dits responsables ou encore la concurrence. Face à cela, nous voulons mettre encore plus de services et de valeur ajoutée dans le contrat afin de ne pas être un simple agent de remboursement automatique derrière la Sécurité sociale.»

Afin de mieux affronter ces défis, le groupe œuvre aussi à des partenariats. Il a déjà conclu une union de groupe mutualiste avec la Mutuelle UMC et espère aller plus loin en réalisant une opération «transformante» avec la Mutuelle Générale. Cette dernière a décidé hier de repousser son choix définitif, entre Humanis et Malakoff Médéric, au 3 septembre. Candidat solide, avec une marge de solvabilité à 520%, Malakoff Médéric se dit prêt à des ajustements. «Nous sommes prêts à mieux reconnaître le fait mutualiste au sein du groupe», annonce Guillaume Sarkozy.

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