L’Irlande teste ses banques sur un scénario immobilier pessimiste
L’Autorité bancaire européenne (EBA) suivra-t-elle l’exemple de Dublin? La Banque centrale irlandaise a publié hier le cadrage macroéconomique des tests de résistance qu’elle mène sur le secteur. Des hypothèses «cohérentes» avec celles que l’EBA doit détailler demain pour sa propre série de «stress tests». Les deux exercices, fondés l’un comme l’autre sur un scénario de base et sur un scénario pessimiste, sont menés séparément. La banque centrale doit publier le 31 mars les résultats de ses tests sur Allied Irish Bank, Bank of Ireland, EBS et Irish Life, conformément à l’engagement pris fin novembre avec ses bailleurs de fonds de la zone euro et du FMI. BlackRock est chargé d'évaluer les pertes potentielles sur les portefeuilles de prêts des banques.
Couvrant la période 2011-2013, le scénario pessimiste des autorités l’est bien plus que les prévisions des économistes. Il table sur une contraction de 1,6% du PIB cette année suivie d’un modeste rebond de 0,3% en 2012. A titre de comparaison, les économistes de Morgan Stanley tablent sur des croissances respectives de 0,4% et 2%, et ceux de Deutsche Bank de 0,5% et 1,4%.
Mais la banque centrale irlandaise a surtout mis le paquet sur l’évolution des prix de l’immobilier. Les prix dans le résidentiel chuteraient de 17,4% en 2011 et de 18,8% l’année suivante, avant de se stabiliser. Dans l’immobilier commercial, le plongeon serait de 22% cette année, avant une timide reprise (+1,5% les deux années suivantes). Depuis leurs pics atteints respectivement en 2006 et en 2007, les prix de l’immobilier commercial et résidentiel se sont déjà effondrés de 40 à 60%, rappelait le FMI début mars. Même sous un scénario de base qui table sur une croissance du PIB de 0,9% dès cette année, le résidentiel chuterait d’environ 14% par an en 2011 et 2012. Les prix de l’immobilier commercial, eux, ne baisseraient que de 2,5%.
Le résultat des tests doit enfin permettre d’apprécier les besoins du secteur bancaire irlandais. Celui-ci a déjà reçu 46 milliards d’euros, absorbés en grande partie par Anglo Irish et INBS, deux prêteurs en voie de liquidation. Le plan d’aide de novembre dernier à l’Irlande prévoyait d’allouer 35 milliards à la recapitalisation du secteur, sur un total de 85 milliards. Selon le courtier local NCB, cette enveloppe pourrait être entièrement consommée rien qu’en suivant le scénario de base.
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