L’hypertrophie du secteur bancaire européen est montrée du doigt
L’Europe souffre d’hypertrophie bancaire, sans bénéfice pour son économie. Ce diagnostic sans appel vient d’être porté par les conseillers économiques de l’European Systemic Risk Board (ESRB). Le Conseil du risque systémique, créé dans la foulée de la crise financière et qui a notamment élaboré le scénario des tests de résistance appliqués cette année au secteur bancaire, a publié hier un rapport d’une cinquantaine de pages qui s’alarme de la taille des systèmes bancaires en Europe.
Le document met en lumière, entre 1995 et 2011, la forte progression des bilans bancaires rapportés au PIB. Elle reflète en partie seulement celle de la richesse des ménages. Ce ratio atteignait encore 274% du PIB 2013 de la région, hors filiales de banques étrangères, même si les bilans ont été réduits de 10% depuis le pic. Au jeu des comparaisons internationales, et en tenant compte des différences comptables, «on s’attendrait à ce que les banques systémiques dans l’UE aient des ratios de levier supérieurs à ceux de leurs contreparties aux Etats-Unis – pas inférieurs», regrette en outre l’ESRB.
Mais ce sont surtout les passages où le rapport s’interroge sur l’utilité sociale d’une telle taille qui risquent de faire grincer des dents. «Le système bancaire européen a atteint une taille telle que sa contribution marginale à la croissance est probablement nulle ou négative», selon les auteurs. Ceux-ci pointent les méfaits pour l’économie d’un volume de crédit bancaire excessif, le poids exagéré des prêts immobiliers aux ménages, et la captation des jeunes diplômés au détriment d’autres industries. Ils attaquent aussi de front le modèle de banque universelle, répandu en Europe, mais associé selon eux à une exposition au risque systémique plus importante que pour les établissements spécialisés dans la BFI ou la banque de détail. «Seulement 31% du bilan agrégé des banques de la zone euro est constitué de prêts à l’économie réelle», assènent-ils.
Les causes de l’obésité sont multiples: soutien des Etats, volonté de créer des champions nationaux… Au-delà du paquet CRD4 et des textes en cours sur la résolution ou les structures bancaires, le rapport prescrit un nouveau régime minceur. Au menu: réduire le recours à la dette bancaire en supprimant la déductibilité fiscale des intérêts, faire sauter les verrous au financement désintermédié, ou accroître encore les exigences en capital pour les activités de marché.
Plus d'articles du même thème
-
Advent pulvérise son record de levées de fonds
En moins d’un an, la société d’investissement a réuni près de 27 milliards de dollars pour son dernier fonds flagship dédié au large cap. Elle a également collecté près de 3 milliards pour un premier véhicule consacré au midcap. -
La dette publique fragilise l'État mais pas l'ensemble des entreprises françaises
La dette publique française se dégrade. Faut-il en conclure que toutes les entreprises françaises seront également et durablement pénalisées sur les marchés ? Ce serait une erreur. -
J O Hambro Capital Management lance un fonds actions émergentes
Il s'appuie sur une stratégie lancée en 2010 pour les investisseurs institutionnels.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
Opération séduction sur les plateaux : l'exécutif mobilisé pour éteindre le feu lycéen
Ce mardi, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, a appelé au retour en classes, tandis que David Amiel, ministre des Comptes publics, a annoncé des efforts budgétaires supplémentaires pour financer les mesures annoncées -
Après 100 jours au pouvoir, quel bilan pour Andy Burnham ?
Trois mois après son arrivée à Downing Street, Andy Burnham a su rassembler les travaillistes et éviter de commettre des erreurs majeures. Mais il doit encore concrétiser ses ambitions -
Dossier explosifAutonomie corse : récit de la folle nuit où tout a basculé au Sénat
Le sénateurs ont détricoté puis rejeté le texte sur l'autonomie corse. Les forces nationalistes, qui avaient quitté le processus de Beauvau en cours de séance, entretiennent le mystère sur la suite