L’Eurogroupe se penche sur la recapitalisation bancaire directe par le MES
La rupture du lien entre risque bancaire et souverain restera aujourd’hui au cœur des débats entre pays du Nord de la zone euro et ceux du Sud
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Mathieu Bion, à Bruxelles
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Crédit Elias Shariff Falla Mardini/Pixabay
Sur ordre du Conseil européen, l’Eurogroupe doit arrêter, d’ici à juin, les modalités de la recapitalisation directe des banques de la zone euro en difficulté. Est en jeu notamment la question de l’apurement des créances passées (legacy assets). «4 à 5 questions très simples» seront posées aux ministres, a résumé une source européenne le 18 janvier. Dans quelle mesure ces dettes doivent-elles être définies? Une période transitoire est-elle nécessaire, et si oui, de quelle ampleur? La recapitalisation directe doit-elle être prise en charge exclusivement par le Mécanisme européen de stabilité (MES) ou l’Etat d’origine de la banque doit-il continuer à supporter une partie de la charge de la recapitalisation?
Revient dans ce débat la fracture entre deux camps. Les pays créditeurs du Nord (Allemagne, Finlande, Pays-Bas) manœuvrent pour limiter leur exposition aux problèmes de solvabilité bancaire issus des pays en difficulté. Ils insistent pour que les pays concernés par des sauvetages bancaires, situés surtout au Sud, conservent une partie de la responsabilité liée à la recapitalisation, par exemple en prenant une part au capital de l'établissement concerné. Ces pays en difficulté mettent en garde contre un niveau insuffisant de prise en charge par le MES qui empêcherait de briser totalement le lien entre difficultés bancaires et endettement public chronique, alors qu’une telle démarche contribuerait à une sortie de crise de la dette souveraine. Côté français, on rechigne à s’exprimer.
Le deuxième dossier à l’ordre du jour concerne Chypre. Aucune décision finale n’est attendue sur le plan de sauvetage chypriote tant que le gouvernement actuel est en place, a indiqué cette source. Un accord sera conclu après les élections chypriotes des 17 et 24 février, probablement à la mi-mars, les besoins en financement de Chypre étant couverts. Le président communiste sortant, Demetris Christofias, s’oppose formellement à la vague de privatisations que les futurs créanciers de l’île préconisent, outre les coupes budgétaires, pour assurer la viabilité de la dette chypriote. Problème: la Commission européenne évalue la dette chypriote à 90% du PIB en 2012, un niveau auquel s’ajouterait l’aide requise qui avoisinerait 100% du PIB, soit près de 17 milliards d’euros. Inacceptable pour le FMI. D’aucuns évoquent déjà la possibilité d’une décote des titres de dette chypriote.
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