Les réseaux de la Société Générale ne compensent que partiellement la chute de SG CIB

Le bénéfice de la banque de financement et d’investissement recule de 83%. Les activités de taux sont les plus touchées
Antoine Landrot

L’absence d’augmentation de capital de la Société Générale a soulagé les investisseurs à tel point que ceux-ci ont pardonné ses résultats médiocres au troisième trimestre: le titre a signé hier la plus forte hausse du CAC 40 (+7,26% à 18,7 euros).

Le résultat net recule de 31% à 622 millions d’euros, un montant nettement inférieur aux prévisions des analystes (le consensus Reuters prévoyait une baisse de 4%, à 858 millions), pour un produit net bancaire en légère hausse (+3,2% à 6,5 milliards).

Les revenus de la banque de financement et d’investissement (SG CIB) se contractent de 37% à 1,93 milliard et son bénéfice net s’effondre de 83%, à 77 millions d’euros. Sans surprise, les activités de marché ont souffert: leurs revenus sont réduits de moitié (631 millions d’euros). Acteur dominant dans les actions, SG CIB a limité les dégâts dans cette activité, qui recule de 26% (à 472 millions). Elle souffre davantage sur les taux, changes et matières premières (-76% à 159 millions), affectés notamment par une perte de 87 millions liée à son exposition à la dette souveraine périphérique.

«La contribution de SG CIB s’est considérablement réduite dans un contexte de volatilité et de montants d’émissions faibles. Mais plus important, la banque a évité les larges pertes de trading et a continué à réduire son bilan et ses besoins de liquidité», souligne CreditSights. Frédéric Oudéa a d’ailleurs confirmé que la banque réduirait considérablement la voilure dans ses activités de financement consommatrices de dollars, comme le financement aéronautique.

La banque de détail en France n’a que partiellement compensé la faiblesse de SG CIB. Dans un marché mûr, son bénéfice a progressé de 14,7% (+6,7% hors fonds d’épargne) à 390 millions d’euros. Les réseaux internationaux, hormis Geniki en Grèce (qui creuse ses pertes), confirment leur redressement depuis le début de l’année (216 millions de bénéfice).

Les éléments exceptionnels ont eu peu d’effet dans la mesure où ils se sont compensés: les 542 millions d’euros engrangés grâce à la baisse de la valeur de sa propre dette ont été annulés par le provisionnement supplémentaire des titres d’Etat grecs, l’augmentation des provisions de sa filiale grecque Geniki et 200 millions de dépréciation de goodwill dans ses filiales de crédit à la consommation – en raison des perspectives de ce marché. Ce dernier n’était pas prévu et peut expliquer le décalage avec le consensus.

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