Les ratios de liquidité Bâle 3 posent un casse-tête comptable aux banques
Les banques risquent de devoir faire face à une très grande volatilité de leurs résultats et de leurs ratios de solvabilité si les normalisateurs les contraignent à comptabiliser tous leurs actifs liquides, exigés par la réforme prudentielle, à la juste valeur.
Selon le calendrier officiel de Bâle 3, les banques vont devoir respecter d’ici à 2015 le ratio de liquidité à un mois (Liquidity Coverage Ratio ou LCR). Il permet d’assurer qu’un établissement peut faire face à une hausse inattendue et importante des flux de paiements sortants, grâce à des stocks d’actifs liquides (essentiellement des titres souverains bien notés). Les banques françaises devraient mobiliser plusieurs centaines de milliards d’euros d’actifs liquides pour satisfaire à cette exigence mais ne savent pas encore comment les comptabiliser.
La norme IFRS 9 sur les instruments financiers est en effet en cours de révision. L’International Accounting Standards Board souhaite introduire une nouvelle catégorie en plus de la comptabilisation au coût amorti et celle à la juste valeur. Mais «le projet d’amendement d’IFRS 9 sur les catégories comptables qui vient d’être publié ne traite pas spécifiquement du coussin de liquidité», explique Jean-François Dandé, associé chez KPMG.
Pour neutraliser la volatilité de leurs portefeuilles comptabilisés à la juste valeur, les banques bénéficient aujourd’hui de «filtres prudentiels» mais ceux-ci vont devenir caducs avec l’entrée en vigueur de Bâle 3. «Si avec les nouvelles normes comptables les titres éligibles au LCR sont comptabilisés en juste valeur par capitaux propres et qu’il n’y a plus de filtre prudentiel toute la volatilité va heurter les ratios de solvabilité», souligne Jean-François Dandé.
«On pourrait découper le portefeuille en question en deux catégories, un socle d’actifs que, sauf circonstance improbable, on est sûr de garder et qui serait comptabilisé en coût amorti et une autre fraction, qui pourrait faire l’objet des tests de liquidité et qui serait en juste valeur par capitaux propres», avance Jean-Paul Caudal, directeur du département comptable à la Fédération bancaire française.
L’Autorité de contrôle prudentiel s’est emparée du sujet mais les banques ne pensent pas être fixées rapidement. IFRS 9 est toujours en débat, les ratios de liquidité sont en cours de révision par le Comité de Bâle et la réforme prudentielle n’est pas encore adoptée en Europe.
Plus d'articles du même thème
-
Nvidia va racheter pour 150 milliards de dollars supplémentaires de ses propres titres
Le géant américain des puces pour l'intelligence artificielle compte désormais acquérir pour 235 milliards de dollars de ses actions d'ici son exercice fiscal 2028. -
Solidigm envisage une introduction en Bourse
La filiale américaine du géant sud-coréen des semi-conducteurs SK Hynix pourrait être valorisée jusqu'à 150 milliards de dollars si une telle opération, encore hypothétique, se concrétise. -
La concentration du secteur aurifère ne semble pas terminée
Incité à se vendre par l’investisseur activiste Elliott, l’australien Northern Star juge insuffisante l’offre d’achat de 27 milliards de dollars présentée par le sud-africain Gold Fields.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Europe« On ne peut pas parler de l’Europe sans évoquer le christianisme » : le discours du pape Léon XIV à Metz
Le souverain pontife a défendu le multilatéralisme et a livré sa définition de la civilisation européenne, dans un discours prononcé au centre des congrès Robert-Schuman de Metz, lors de sa quatrième et dernière journée de visite en France. -
Train de sénateurLFI célèbre son entrée au Sénat, que Jean-Luc Mélenchon voulait supprimer
Le candidat insoumis voit dans l’entrée de deux élus LFI au Sénat, dont son gendre Gabriel Amard, un « heureux augure pour 2027 ». Un enthousiasme paradoxal chez celui qui, il y a encore quelques années, promettait de supprimer la Haute Assemblée -
La Fabrique de l'OpinionDavid Baverez : « Maintenir les taux d’intérêt bas pour éviter un défaut étatique exacerbe les tensions sociales »
David Baverez : « Nous nous dirigeons, entre la Chine et les Etats-Unis, vers une divergence monétaire insoutenable dans la durée »