Les Pays-Bas sont tentés par la surenchère dans le ratio de levier bancaire
La course au ratio de levier est lancée en Europe du Nord. Dans une étude publiée le 23 avril, la banque centrale des Pays-Bas (DNB) estime à 26,7 milliards d’euros le montant des capitaux supplémentaires que les prêteurs locaux devront dégager d’ici à 2019 pour respecter les règles de solvabilité de Bâle 3. Une estimation qui se fonde sur un ratio de levier de 4% au lieu des 3% proposés par le Comité de Bâle.
Le régulateur néerlandais n’a pas encore décidé de renforcer le ratio de levier applicable à ses banques, mais cette simulation accrédite cette thèse. D’autant que l’idée jouit d’un fort soutien politique, en la personne du ministre des Finances et président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Dans le scénario central de l’institution, les établissements du pays seraient capables de muscler leurs fonds propres tout en répondant à la demande de crédit. Les besoins en capitaux, qui incluent aussi les contributions à venir au fonds de garantie et de résolution du secteur, seraient notamment couverts à hauteur de 16,5 milliards d’euros par des émissions de capital hybride de type additional tier one (AT1).
Les Pays-Bas s’apprêtent ainsi à suivre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Suisse sur la voie de l’escalade réglementaire. «Cela souligne le besoin potentiel des régulateurs et des banques de la zone euro de ‘rattraper’ les autres pays», souligne Alberto Gallo, stratégiste chez RBS, pour qui cette surenchère est néanmoins la voie à suivre alors que les détracteurs du leverage ratio estiment qu’il poussera les prêteurs à prendre davantage de risques. «Selon nos calculs, les banques ont perdu entre 3% et 10% de leurs actifs lors des crises passées, à la fois aux Etats-Unis et en Europe, ce qui rend trop bas un ratio de 3%. Les banques européennes auraient besoin d’un point mort de ratio de levier à 5,8% pour protéger complètement le contribuable de crises futures», calcule Alberto Gallo.
L’approche néerlandaise s’explique aussi par l’impact de la crise dans le pays sur des institutions comme ABN Amro, ING, ou SNS Reaal, nationalisée d’office en février 2013. Après l’Irlande, le Luxembourg, la Belgique et le Royaume-Uni, les Pays-Bas sont le pays de l’OCDE où le soutien public aux banques a été le plus fort, souligne une récente étude de BNP Paribas. Et le risque immobilier pèsera encore sur l’activité des banques dans les prochains trimestres.
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